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Itinéraires de sortie en Aquitaine

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1 Itinéraires de sortie en Aquitaine le Ven 1 Juil 2011 - 20:46

Erwan


Admin
Admin
UNE BALADE
DANS LES BLOCKHAUS
DU MUR DE L'ATLANTIQUE :

LANDES-PAYS BASQUE- GIRONDE

Par Erwann Langeo


Vous souhaitez partir à la rencontre du Mur de l'Atlantique dans une magnifique région ?

Voici pour vous un itinéraire de découverte que vous pouvez réaliser en une journée. N'oubliez pas que les dunes sont fragiles, utilisez les itinéraires balisés et enfin ne vous aventurez jamais seuls dans des endroits dangereux. A la prudence, nous ajoutons le respect du patrimoine et la nécessité de ne pas détériorer d'une quelconque façon les endroits visités.
A vos lampe-torches et bonne promenade sur le second système fortifié après la muraille de Chine !

Pour les Allemands en charge de la défense des côtes, le pays basque est englobé dans le secteur de défense codé "Ba" comme Bayonne. Placé tardivement sous l'autorité de la 276e division d'infanterie à trois régiments du Generalleutnant Kurt Badinski, ce Bezifferungsbereich (secteur de défense) débute à Contis pour se terminer à la frontière espagnole. Pour l'aider dans sa mission, la 276 ID peut également compter sur un régiment d'artillerie hippomobile, trois compagnies d'infanterie de forteresse, un bataillon d'artillerie de marine ainsi qu'un autre de l'armée de terre, et enfin un groupe d'artillerie sur voie ferrée doté de deux batteries de 240mm ALVF (càd sur voie férrée). Pour bâtir en un temps record toutes les fortifications, dont nous pouvons encore découvrir quelques maillons aujourd'hui, l'Organisation Todt (OT) est bien sûr présente avec son antenne locale à Bayonne (OBL Biscaya) mais également aidée dans sa tâche d'un bataillon de pionniers de forteresse.


Parmi les sites incontournables mais malheureusement en mauvais état, la batterie de Cap Breton mérite votre visite. Elle présente l'intérêt de concentrer de manière assez visible l'ensemble des organes d'une batterie côtière de l'armée de terre (Heer). En ces lieux, le régiment HKAR 1287 a installé sa troisième batterie dotée de quatre canons de 105 mm schneider. Ce matériel d'origine française (matériel de prise de guerre dans le cadre de l'Armistice) était placé dans autant de casemates d'artillerie face à l'océan. Rappelons que pour accélérer les chantiers, l'OT avait mis au point un catalogue de construction-types et que par conséquent, la plupart des bunkers, à de rares exceptions près, sont des constructions en série. Toutefois, avec l'évolution du conflit, les techniques de fortification ont heureusement évolué, notamment avec la raréfaction des matériaux, ce qui fait que les quatre casemates d'artillerie de Cap breton sont les dernières représentantes du modèle 652. Ce modèle n'a été construit qu'à seulement huit exemplaires pour évoluer par la suite vers le modèle 671 que l'on retrouve plus communément à partir du 28 juin 1943. Les quatre autres exemplaires de cette petite série ont été érigés à la Chaume aux Sables d'Olonne mais détruits après guerre.
Cap Breton est donc une étape importante sur les cinq mille kilomètres du Mur de l'Atlantique qui court depuis les confins des fjords norvégiens au Cap Nord jusqu'au pays basque.
Tout autour, se greffent un poste de télémétrie et de calcul de coordonnées de tir du modèle 636, un abri de commandement type 610, et divers abris pour le logement des artilleurs et la logistique. Dans l'abri le plus éloigné (type 622), il subsiste quelques vestiges de châlits à trois étages pour coucher les hommes.

Pour la suite de la visite, il vous faudra vous rendre à Labenne-Océan où là, subsistent quelques éléments de la dernière station radar du "Mur". Le premier ouvrage rencontré, placé judicieusement sur le point culminant du site au-dessus de l'actuel parking est un abri L485 qui supportait un radar Mammut Cäsar FuMO 52 destiné à la veille côtière d'une portée de 300 kilomètres. Aucun équipement de ce type n'est visible actuellement, mais nous pouvons en voir un dans la scène de l'attaque du radar défendu par un nid de mitrailleuse du film "le soldat Ryan". Il s'agit d'un cadre rectangulaire de 30x10 mètres pesant dans les 150 tonnes destiné au calcul de la distance et du relèvement sur but aérien sur un secteur de 120° vers l'avant et également vers l'arrière lorsque celui-ci est doublé. Pour affiner la détection et apporter une réponse efficace, ce centre servi par la trentième compagnie du 54 Luftnachrichten Regiment (Armée de l'air) dispose également de deux radars Freya FuMG 80 placé dans de larges cuves dont l'une est très bien conservée, et deux radars Würzburg géants FuMO 65 placés sur des embases octogonales. Un radar du même type est visible au musée de Douvres-La–Delivrande en Normandie et permet de se rendre compte des rapides évolutions techniques dans le domaine de la détection à longue distance dont c'étaient les balbutiements à l'époque. A voir !
Pour exploiter les données recueillies, plusieurs abris typiques d'une station radar sont encore visibles : L'abri le plus éloigné en descendant vers le sud est un L486 servant à produire l'énergie nécessaire au site. L'abri principal d'exploitation n'est pas visible puisque remblayé et comporte deux étages avec des grandes tables en verre représentant l'espace aérien et maritime sur lesquelles il fallait pousser des pions de couleur représentant en temps réel le trafic. Plusieurs bunkers disposant d'une cuve sur leur toit sont également visibles et assuraient la défense rapprochée du site contre une attaque aérienne grâce à des canons de 20mm FlAK30.

Le prochain site à découvrir est situé à proximité, puisque notre périple fait halte à Ondres.

Sur ce site s'élevait autrefois l'avant dernier centre-école destiné à former les nouvelles recrues de DCA au sein de la Marine. Ce centre disposait de six pièces de 37mm et de deux projecteurs de 60cm pour le tir de nuit. Une casemate type 612 magnifiquement camouflée par un revêtement de ciment complète l'ensemble.
Sans perdre de temps, si nous voulons tout faire dans la journée, le site INCONTOURNABLE est celui bien connu du point d'appui Ba22 à Boucau-Tarnos. Vous découvrirez en ces lieux la tour baptisée Barbara servant au calcul de tir des quatre canons de 150mm placés en casemates. Cette tour, véritable totem, est unique sur le Mur de l'Atlantique bien que bâtie d'après un plan-type S487. Il est regrettable de constater que ce monument-témoin de la fortification du XXème siècle ne soit pas mis en valeur, tant il est unanimement reconnu que c'est une magnifique réalisation. Tout autour, soit remblayés soit effondrés, vous pourrez découvrir plusieurs abris dont une infirmerie du modèle M159 et divers abris anti-aérien.
De l'autre coté de l'Adour, quelques vestiges valent le détour mais ne font plus que pâle figure de l'étendue des fortifications bâties en cet endroit. Depuis l'hippodrome jusqu'à Chiberta et Chambre d'Amour, pas moins de deux batteries représentant six pièces de 75 et six canons russes de 152mm battaient les environs. Pour vous consoler, vous pourrez vous promener dans le quartier résidentiel de Chiberta pour découvrir les multiples réutilisations des bunkers.
En repartant sur Anglet, vous pourrez vous arrêter à la Pointe Saint Martin qui comporte un premier complexe souterrain desservant trois casemates de tir sur la plage du VVF, mais désormais murées. Au pied du phare tout proche, vous ne manquerez pas l'usine marée-motrice bâtie sur trois étages avec sa salle des machines et ses turbines. Au-dessus de la plage principale de Biarritz, dissimulé sous l'Hôtel du Palais, une embrasure abritait autrefois un canon mixte de 47mm Skoda d'origine tchèque.
Votre périple architecturo-fortifico-technico-historique se poursuit à l'Atalaye. En ces lieux, les Allemands ont creusé au cœur du rocher, un complexe de bunkers reliés entre eux par des dizaines de mètres de galeries, le tout sur une hauteur de 14 mètres. En fait, lorsque vous pénétrez dans le tunnel routier de l'Atalaye, vous êtes déjà au cœur du dispositif qui s'élève jusque sur le dessus du plateau et qui abritait le poste de commandement et l'état-major de la MAA 286 qui coordonnait les diverses batteries de la marine dans le secteur. De ce complexe souterrain, il n'est seulement possible de voir qu'un observatoire au coin du musée de la mer et une casemate de défense donnant sur le vieux port des pêcheurs. Toujours sur le plateau, l'emplacement de la cloche périscopique blindée est de nos jours un paisible massif de fleurs.

Ici aussi, une valorisation du site serait une très bonne chose, puisqu'une visite des lieux sans muséographie monopolise déjà une bonne heure. Un projet de musée du Mur de l'Atlantique a déjà été proposé sur le modèle dynamique du Musée du Grand Blockhaus à Batz sur Mer en Loire Atlantique ( à proximité de La Baule ); Mais à ce jour, le projet rencontre des obstacles malgré l'engouement croissant du public pour l'histoire de leur région à l'heure du Mur de l'Atlantique. Un autre site qui mérite l'attention du connaisseur comme du curieux se situe à seulement quelques mètres de là au détour de la villa Belza. Là aussi, l'organisation Todt a creusé la falaise pour y installer l'infrastructure nécessaire pour deux canons russes de montagne de 76.2 mm et une mitrailleuse en configuration lourde, le tout dirigé par un observatoire visible au dessus ; Et là aussi, une mise en valeur serait possible. Toutes les bonnes volontés pour faire avancer ce projet sont les bienvenues…

Notre circuit en pays basque pourrait reprendre à Marbella puis à Saint Jean de Luz mais dans les deux cas, les sites sont devenus inaccessibles au fil des ans avec le recul des falaises. A Marbella se trouve l'unique cloche d'observation périscopique blindée encore en place dans toute l'Aquitaine. Ce site est le dernier maillon de l'école de Marine. Les élèves pouvaient s'entraîner sur dix pièces quadruples de 20mm et deux canons de 37mmFlAK30. De nos jours l'endroit est interdit d'accès et la plupart des cuves sont disloquées en contrebas. Il en est de même à Saint Jean de Luz où le réseau de galeries de la pointe Sainte Barbe a été récemment muré et la promenade sur la falaise a été également limitée pour les mêmes raisons de sécurité. Pour mémoire, il existe une fresque peinte au plafond du poste de direction de tir représentant une magnifique rose des vents et l'un des canons est visible à marée basse au pied de la falaise.
Le même problème se pose sur route de La Corniche où seul subsiste le poste de direction de tir (PDT) de la seconde batterie de la MAA 286 constituée de quatre matériels de 155 mm ici aussi d'origine française. Les casemates d'artillerie d'un modèle unique nées d'un mixage entre deux plan-types (M170 + R622) sont visibles plusieurs mètres en contrebas. Le PDT présente un passionnant camouflage en ciment, son pochoir d'immatriculation dans l'entrée et pour finir un panorama de tir en degrés est encore apparent dans la salle d'observation et de veille.
S'il n'est pas trop tard, vous pouvez encore vous rendre sur la plage de Bidart où une casemate de flanquement, c'est à dire axée vers la plage qu'elle défend, présente un faux toit imitant les paisibles maisons environnantes.

Nous voici parvenus au terme de notre périple dans les chateaux-forts du siècle dernier. Il va sans dire qu'au rythme actuel des destructions pour diverses raisons, le Mur de l'atlantique, bâti pour durer mille ans, a besoin de reconnaissance et surtout de protection. Cela peut sembler incongru pour une fortification mais en cette année 2004 où nous commémorons partout en France le soixantenaire de la libération, il est devenu urgent d'associer les témoins encore vivants de cette période de l'histoire de la construction européenne, à un projet de mise en valeur d'un site en accord avec les collectivités locales et territoriales.





Le premier circuit vous a donné envie de continuer ? Voici pour vous un second circuit tout aussi réalisable en une seule journée ; Toutefois des variantes plus sportives et plus longues — que vous pourrez effectuer sur la seconde ligne de défense matérialisée par les lacs d'Hourtin, de Lacanau et les canaux de raccordement — est tout à fait envisageable. Pour cela il vous faut louer un canoë et choisir la bonne saison lorsque le niveau d'eau est suffisant. Pour ceux qui préfèrent la bicyclette, nous vous invitons à parcourir les quelques 130 kilomètres de pistes bétonnées qui desservaient les différents points d'appuis le long du littoral. Comme point de départ, choisissez par exemple la gare de Bordeaux Saint Jean où vous prendrez un billet pour Le Verdon (Attention, la pointe de Grave est souvent desservie par un autocar dans lequel il est impossible de transporter un vélo et par conséquent le terminus est bien souvent Lesparre !). Une fois que vous serez descendu du train et aurez rejoint le littoral, il vous reste plus qu'à pédaler en choisissant les itinéraires balisés. Ces derniers empreintent de temps à autre les anciennes pistes des gemmeurs reconnaissables à l'étroitesse de la bande cyclable ; Dans ces cas là, la piste allemande est plus à l'ouest et souvent en mauvais état d'où l'intérêt d'un VTT pour ces itinéraires Bis! Entre Montalivet et Bélisaire, vous évoluez dans l'ancien secteur de la 950ème division d'infanterie hindoue forte de ses 3800 hommes reconnaissables à leur turban en lieu et place du casque de la Wehrmacht !
Un site à ne pas négliger est sans nul doute celui de la plage du Pin Sec (Ar 07) qui constitue encore un ensemble impressionnant. Une fois à Cap Ferret / Bélisaire, soyez à l'heure pour le dernier bac qui traverse le bassin d'Arcachon, sinon vous êtes quitte pour faire le tour du bassin en suivant le tracé de l'ancienne voie ferrée et enfin rattraper le train pour Bordeaux. L'intérêt de ces deux variantes est davantage de vous oxygéner sur des anciennes lignes de défense stratégiques que de voir des blockhaus puisque les différentes campagnes de destruction de ces cinq dernières années ont eu raison de nombreux sites, notamment autour des grandes cités balnéaires que vous ne manquerez pas de traverser comme Hourtin, Lacanau ou encore Le Porge.

Le département de la Gironde présente au nord une forteresse bloquant le passage de l'estuaire à cheval sur les deux rives. L'ensemble comptait environ six cent bunkers répartis à peu près pour moitié dans les deux camps retranchés. Par conséquent, les bunkers que vous rencontrerez jusqu'à Montalivet sont codés du préfixe "Gi" comme Gironde et au-delà "Ar" comme Arcachon jusqu' à Contis.
Au sein de la festung Mündung Gironde Süd, trois sites majeurs méritent votre visite. Nous les appellerons les trois piliers de la Forteresse puisque constituant les organes majeurs du dispositif. Pour commencer votre journée, vous trouverez au nord de Soulac un monument commémorant l'assaut de la "Poche" du 14 au 20 avril 1945, soient huit mois après la libération de Bordeaux et quinze jours avant la reddition totale de l'armée allemande. En cet endroit près de quatre mille hommes s'étaient retranchés pour empêcher l'usage du port de Bordeaux et de ses infrastructures. Rappelons que la stratégie allemande reposait sur le blocage des ports pour empêcher tout débarquement ; Les alliés fabriqueront deux ports artificiels en Normandie pour décharger leur matériel !
Derrière le monument se dessine la première étape, à savoir la batterie d'artillerie côtière des Arros. Cet emplacement fût choisi en 1929 par l’armée française afin de défendre le port de Bordeaux. Lorsque les Allemands arrivent en 1940 ils trouvent sur place les quatre canons de 164,7 mm modèle 1893/96 placés en encuvements palplanches, en état de tirer. En 1941, la batterie est incluse au système défensif de l’embouchure. En 1942, elle est incorporée au Mur de l’Atlantique dès lors, de nombreux blockhaus sortent de terre. Le chantier, entrepris par la 4/211 baukompanie, l’Organisation Todt et les requis du STO (Service du Travail Obligatoire), est camouflé durant les travaux. Les encuvements français sont abandonnés au profit de casemates type M270. Le poste de direction de tir (PDT) est quant à lui rasé et remplacé par un PDT type M157 à trois niveaux d’observation. Des baraquements et des abris antiaériens type M151 pour 28 hommes, 622 pour 20 hommes et 621 pour 10 hommes, sont construits aux alentours (de nombreux lits sont encore en place !). De même un abri V148 pour les vivres et un autre pour un projecteur de 150 cm type Fl277 sont uniques en France ! Vous découvrirez en contrebas une infirmerie M159 (à voir le bloc opératoire !), deux soutes à munitions type M145, et enfin pour la défense du site, deux casemates de flanquement de plage type H670 abritant chacune un canon français de 75mm monté sur affût côtier (encore visible dans la première casemate au-dessus du parking). La batterie s’étoffe d’abris en tôle ondulée et de maisons d'habitation.
Le 10 février 1944, Rommel, en visite en tant qu’inspecteur des fortifications, juge satisfaisant le dispositif mis en place mais qu’il faudra très vite améliorer le système défensif terrestre. Le 13 avril 1945, la poche est effectivement attaquée côté terre. La casemate M270M29, fait l’objet de l’explosion de l’une de ses soutes, tuant au passage tous ses servants (recouverte en 2001). Le canon de 164,7 mm est alors ré-installé dans son emplacement d’origine (palplanches français) permettant ainsi un tir de 360° notamment sur Soulac.
Le 19 avril, les Arros résistent toujours et empêchent toute remontée vers le nord des troupes de libération. Le régiment somalien AEF (Afrique Equatoriale Française) fort de 2 400 hommes, commandé par le Colonel Appert, stoppe sa progression au PC de la forteresse (StP 312). Les 8ème et 131ème RI (Régiment d’Infanterie) prennent le relais sur le flanc Est. La position résiste encore et toujours aux vagues d’assaut tant terrestres qu’aériennes (attaques au napalm et au calibre 12,7 des P47 Thunderbolt, Spitfires et autres avions engagés). Après des combats très violents, l’Oberleutnant Franze et le KK Schilinger (Capitaine de Corvette), avec ses hommes de la MAA 618 (Marine Artillerie Abteilung) retranchés dans leurs blockhaus, finissent par se rendre vers 20h30.
En prolongement de cette batterie, vous pourrez visiter le plus bel exemplaire recensé d'abri Mamouth type L485 supportant jadis un cadre métallique servant de radar à détection lointaine. Avec la fermeture de la Poche, il ne sera jamais mis en service !
Notre prochaine étape pourrait être la station radar servie par la Luftwaffe sur les hauteurs des dunes du Royannais, mais des travaux menés actuellement ont pour objectif avoué d'interdire l'accès aux ouvrages sinon de faire disparaître toute trace du dernier bastion de la forteresse tombé le 20 avril à 19 heures après un baroud d'honneur mené par les 177 hommes de l'Oberst Théobald. L'état Major de la Forteresse s'était rendu le matin à proximité du fort du Verdon et la station radar avait refusé de rendre les armes. Ce site était un des mieux équipé en matériel de détection sur le sol français et devrait intéresser les passionnés de technique.
Notre troisième pilier est donc tout naturellement le Poste de Commandement de la Festung sis au-dessus de la gare de Soulac. Dénommée "Berlin" et codée Gi 312, La position est réellement opérationnelle début 1943 comme l’indiquent les pochoirs à l’entrée des ouvrages. Le premier Festung Kommandant arrive du front russe le 18 février 1944. Il s’agit du Generalmajor MEYER. Il est d’emblée jugé inapte à cette nouvelle fonction et est remplacé par l’Oberst SONNTAG en provenance lui aussi du front russe. Il se tuera accidentellement le 4 mars 1945, à l’âge de 35 ans en manipulant une grenade française. Le troisième et dernier commandant de forteresse sera l’Oberst PRAHL (arrivant de Jersey) à partir du 10 avril 1945. Il prend ses fonctions quatre jours avant l’attaque française et n’aura donc pas le temps d’assimiler la situation. En fait, le Capitaine de frégate VON BERGER qui assure l’intérim entre les Festung Kommandant sera jusqu’à la fin, le commandant de facto.
En tout, 125 hommes composaient l’équipage du point d’appui. Le Stützpunkt (Stp) comprend 12 ouvrages béton parmi lesquels, le blockhaus de commandement type H117, le blockhaus du commandement de l’artillerie type H119, le blockhaus du ravitaillement, le blockhaus des transmissions, les blockhaus du générateur électrique et de la réserve d’eau (1b/564), le blockhaus hopital type H118b (non visible) et son annexe type H622, le blockhaus des cuisines, 12 abris en rondin (garde, logement, appareillage, munitions etc.), une tour métallique servant d’observatoire d’artillerie et 2 observatoires en bois pour la Flak et l’infanterie. Les bunkers de la série "100" font partie des ouvrages à gros volume de béton qui survécurent, du moins au début du conflit, au programme de construction de la ligne Siegfried. Leur construction fut arrêtée à cause de la pénurie chronique de matériaux. Leur présence en ces lieux et au fort du Verdon (Stp 331) est tout à fait remarquable !
Le 18 avril 1945, le passage du fossé antichar et la prise de Soulac oblige l’Etat-major allemand à quitter le Stützpunkt 312, pour se réfugier près du fort du Verdon, au StP 331. En effet, cette position initialement constituée de deux canons de 280 mm KB sur voie ferrée est depuis longtemps retenue comme poste de commandement secondaire en cas de repli. A cette date, les canons sont déjà partis rejoindre le front de Normandie depuis près d'un an.
Si la journée n'est pas trop avancée, nous vous invitons à visiter une écurie dans laquelle subsistent les noms et dates de naissance des chevaux au-dessus des mangeoires. Ces derniers étaient utilisés pour la batterie hippomobile dite de La Claire, aujourd'hui ensevelie dans le cordon dunaire et parcourue par la piste cyclable. Vous ne manquerez également pas de monter dans le phare du Verdon, autrefois camouflé en peinture deux tons, en haut duquel vous avez une bonne vue des environs. A proximité, dans l'enceinte de la Marine Nationale, vous pourrez apercevoir une très rare construction qui consiste en deux casemates type 669 collées l'une à l'autre pour économiser du béton. Enfin, pour agrémenter votre journée, vous pourrez repartir par la pointe de la Chambrette qui abrite encore pour un moment (?) les immenses réservoirs inachevés de carburant. Vous pouvez dès lors repartir dans la direction de Soulac par la route passant à travers les marais.

Pour terminer, ceux d'entre vous qui souhaiteraient faire une jonction entre les circuits de Nord Gironde et des Landes / Pays basque, voici quelques sites qui valent le détour mais qui sont dans des états de conservation inégaux. A bordeaux, vous avez bien évidemment l'incontournable base pour sous-marins de la XII ème flottille, ainsi qu'une petite collection de militaria allemand et italien à bord du croiseur Colbert sur les quais des Chartrons. Sur le bassin d'Arcachon, vous pourrez à loisir découvrir plusieurs ouvrages à Cap Ferret et au pied de la Dune du Pyla au gré des marées et des mouvements de sable. L'entrée du Bassin était prise sous le feu de trois batteries principales placées judicieusement à la pointe du Cap Ferret (4 x 105 mm), Sur les hauteurs du Moulleau ( 4 x 155 mm) et aux Gaillouneys ( 6 x 152 mm). Les allemands profiteront aussi de la douceur du climat dans notre région ainsi que de l'éloignement des principaux théâtres d'opérations pour former leurs nouvelles recrues, ainsi nous pouvions trouver en 1944 une école d'instruction au maniement des radars et projecteurs au sommet de la dune, à112 mètres d'altitude. Bonne promenade et n'oubliez pas de prendre soin de ce patrimoine fortifié sans protection !



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