BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944
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BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944 » BORDEAUX, BASE MILITAIRE STRATEGIQUE »  Le dépôt de munitions du bois de la Piconnerie.

Le dépôt de munitions du bois de la Piconnerie.

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Erwan


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Article de Michel Baron (membre de ce forum)

Pendant la deuxième guerre mondiale, l’armée allemande occupait le château Bel-Air du Haillan. Elle avait installé, dans le parc du château et dans le bois voisin de « la Piconerie (sur le territoire d’Eysines), un important dépôt de munitions. Au moment de leur départ, le 22 août 1944, les Allemands ont fait sauter une partie des munitions causant une grande frayeur dans la population et d’importants dégâts aux habitations environnantes.

Trois ouvrages évoquent ces évènements :
 Le premier est « Le Haillan, son histoire » de Paul Bertaux, ancien curé du Haillan,
 le deuxième est « Le Haillan. Château Bel Air » de l’association « Histoire et Généalogie du Haillan »,
 le dernier est « La corde de piano » d’Anne de la Bachellerie.
Malgré cette abondance, de nombreuses zones d’ombre subsistent.

Qui a occupé le château Bel Air ?

Si l’occupation du château Bel-Air par les troupes allemandes est un fait avéré, deux de ces ouvrages disent que c’est l’Etat-Major de la Kriegsmarine (marine de guerre) qui s’y est installé alors qu’il semble admis qu’il occupait le château Dulamon de Blanquefort. où il avait remplacé celui de notre Marine Nationale replié de Paris en 1940.
Toutes les munitions décrites ci-dessous sont des munitions utilisées par les avions contre les navires ou les troupes au sol. Ce dépôt dépendait donc vraisemblablement de la Base aérienne de Mérignac.

La nature des munitions entreposées.

Voici ce qu’en dit « Le Haillan. Château Bel Air » de l’association « Histoire et Généalogie du Haillan :
« Cependant, une partie de la fabrication [de l’atelier de torpilles du Vigean] était stockée au château Bel-Air du Haillan et transportée dans ces "fameux camions" si bien escortés. Le principal de la réserve était entreposé dans les bâtiments de la Piconerie, entourés de bois. De nombreuses caches souterraines étaient aussi utilisées; elles se situaient dans les autres espaces boisés et surtout le long de la grande allée du château à Béchade. Les champs et prairies aux alentours étaient aussi truffés de munitions.
Lorsque l'armée d'occupation dut battre en retraite, ordre fut donné d'anéantir tous les dépôts de munitions.
Après le départ des troupes d'occupation, on trouva de nombreux dépôts encore intacts. Des caisses contenant des bombes sous-marines, mises à jour, intriguèrent les autochtones. On décida de les baptiser V1 ou V2, missiles fort en mode à cette époque pour leur efficacité Outre-Manche. Encore de nos jours, beaucoup de nos compatriotes ayant vécu ces heures continuent à croire aux V2. Mais où diable se seraient trouvées les rampes de lancement indispensables à de tels missiles? Et pour tirer sur quoi? Des spécialistes de l'armement ont formellement reconnu, sur des photos prises alors, des bombes sous-marines à ailettes remplies de petits obus ».
Cet article est illustré par deux photographies prises après les explosions.



Première photo.

Ce cliché repré-sente un container renfermant environ 250 engins de petite taille. Comme toutes les bombes, le container était muni d’ailettes afin de stabiliser sa trajectoire.
Il ressemble à celui qui suit et qui était rempli de 120 bombes incendiai-res de 1 kg. Ce système de contai-ner permet d’éviter une trop grande dispersion des projectiles.
Les 250 petites bombes de Bel Air sont des engins anti-personnel SD 1 de 1kg. (Longueur 17 cm, diamètre 5cm). Ces bombes ont été formelle-ment identifiées par un spécialiste du service de déminage de la Préfecture de la Gironde.



Deuxième photo
Ce cliché repré-sente en réalité une bombe télé-déviée « Rhur Stahl PC 1400 X » parfois quali-fiée à tort de bombe planante. Cette bombe était emportée sous les ailes de bombardiers Dornier Do 217 spécialement aménagés. Larguée à haute altitude, elle était déviée par radio vers les navires alliés visés. Cette technique de largage imposait au bombardier de conserver une trajectoire rectiligne au dessus de l’objectif. Utilisée à partir de l’automne 1943, dans l’Atlantique et dans la Méditerranée, elle permit aux Allemands de couler un cuirassé italien et d’en endommager un autre ainsi qu’un britannique. Très vite (en janvier 1944), les alliés s’équi-pèrent de systèmes de brouillage qui lui ôtaient toute efficacité. Ces brouilleurs ont été mis au point à Alger par le Prof. Yves Rocard (le père du Premier ministre). Les Alle-mands étudièrent alors un guidage par fils ce qui retarda considéra-blement leur utilisation opérationnelle.
Un exemplaire de cette bombe est exposé au Musée de l’Ecole supérieure du Matériel à Bourges.


Une troisième photo du même engin figurait dans le manuscrit de « La Corde de Piano » accompagnée de la légende : « Prototype de l’Einmann-Torpedo » (la torpille humaine.
Elle n’a pas été maintenue dans l’édition définitive. Selon l’auteur, la Kriegsmarine dévelop-pait dans des ateliers du château, une arme secrète, torpille pilotée par un homme et destinée à l’attaque-suicide des navires alliés . De telles armes ont été utilisées avec succès, dès le début de la guerre (1941) par la marine italienne dans les ports d’Alexandrie et de Gibraltar. Les Allemands en ont utilisé avec succès en Normandie après le débarquement. Mais elles n’avaient aucune ressemblance avec cette bombe.

Il existait également une autre « bombe volante », le Henshel Hs 293, qui était munie d’ailes, ce qui la faisait ressembler à un petit avion. Propulsée par une fusée (c’est le premier missile de l’histoire), elle pouvait être lancée à distance ce qui mettait le lanceur hors de portée de la DCA des navires attaqués. Elle était aussi guidée par radio et connut les mêmes ennuis que la PC 1400. Elle a été utilisé dans l’Atlantique à partir de la base de Mérignac.


Hs 293.

Dornier 217 emportant deux Hs 293 sous les ailes comme on pouvait les voir autour de Mérignac.

Ces deux engins sont souvent confondus, même dans les ouvrages spécialisés. Ils ont été utilisés sans grand succès par le 40 KG (Kampfgeschwader : Escadre de combat) de Mérignac et le 100 KG de Mont de Marsan car ils n’ont été vraiment opérationnels qu’au moment où, sur l’Atlantique, la supériorité aérienne des alliés était totale, les convois étant accompagnés de porte-avions d’escorte.
Ces armes auraient été entreposées en grand nombre à Cognac et Toulouse.

« En 1940, les troupes d'occupation réquisitionnèrent le château: l'Etat-Major de la KRIEGSMARINE s'installa dans la propriété.
La Kriegsmarine occupait à Eysines un "château", cette résidence portait également le nom de "château Bel-Air". Les allemands avaient transformé ce domaine en usine d'armement; les soldats qui y travaillaient logeaient dans des bâtiments abrités dans un des grands bois du parc. L'usine proprement dite consistait en blockhaus, situés en contrebas, proche de la voie ferrée allant à St-Louis, à l'emplacement exact de l'actuel Lycée Professionnel. C'était surtout un centre de montage de l'armement des sous-marins nazis de la base de Bacalan (principalement des obus et bombes sous-marines), et l'acheminement par rail facilitait les choses.
Cependant, une partie de la fabrication était stockée au château Bel-Air.. du Haillan et transportée dans ces "fameux camions" si bien escortés. Le principal de la réserve était entreposé dans les bâtiments de la Piconnerie, entourés de bois. De nombreuses caches souterraines étaient aussi utilisées; elles se situaient dans les autres espaces boisés et surtout le long de la grande allée du château à Béchade. Les champs et prairies aux alentours étaient aussi truffés de munitions.
Lorsque l’armée d'occupation dut battre en retraite, ordre fut donné d'anéantir tous les dépôts de munitions.
Après le départ des troupes d'occupation, on trouva de nombreux dépôts encore intacts. Des caisses contenant des bombes sous-marines, mises à jour, intriguèrent les autochtones. On décida de les baptiser V1 ou V2, missiles fort en mode à cette époque pour leur efficacité Outre-Manche. Encore de nos jours, beaucoup de nos compatriotes ayant vécu ces heures continuent à croire aux V2. Mais où diable se seraient trouvées les rampes de lancement indispensables à de tels missiles? Et pour tirer sur quoi? Des spécialistes de l'armement ont formellement reconnu, sur des photos prises alors, des bombes sous-marines à ailettes remplies de petits obus .
Sous l'impulsion de M.M.GUERIN et FOURTON, un petit groupe de Résistance formé quelque temps avant entreprit la récupération des obus et la surveillance des lieux. Cette citation relevée dans l' "Histoire de la Résistance en Gironde" en témoigne: "En Août 1944, le GROUPE du HAILLAN a pour mission de veiller dans le secteur du Haillan à la sauvegarde des biens publics et privés. Après s'être emparé du dépôt de munitions allemand, le groupe organise la défense dans le cas d'un retour éventuel des Allemands, et veille à éviter le pillage". Ensuite, pendant plus d'un mois, les artificiers français détruisirent le reste des munitions. II y eut quand même des débordements. Du château dévasté, les meubles et objets disparurent, la bibliothèque se vida de presque tous ses ouvrages ».

Cet article est illustré par deux photographies prises après les explosions.


Annexe 5. La corde de Piano.

p. 97. Un autre château Bel Air, dans mon village de le Haillan où j’habite aujourd’hui était également occupé par des militaires de la Kriegsmarine qui avaient pour mission de mettre au point un engin de torpillage des bateaux ennemis plus efficace que les torpilles classiques. »
Ce dossier portant l’inscription « geheim » (secret) et intitulé vulgairement « Tomate » contenait les plans de la dernière arme d’Hitler, à savoir l’ « Einmann-torpedo », l’ « homme-torpille ». Un prototype était en cours de fabrication au château Bel Air de le Haillan. Les plans étaient arrivés subrepticement dans le coffre de Magdalena au siège du commandement des torpilles.
A ma connaissance, me dit-elle, il s’agit d’une arme style kamikaze vouée à être utilisée uniquement par des volontaires. Chargée d’explosifs, elle se jettera sur les navires ennemis pour les détruire. …
C’est un peu comme les V1, ces engins à réaction sans pilote que l’on lance sur une rampe depuis Peenemünde et qui vont percuter à la vitesse de 640 km/h des objectifs difficiles à atteindre en avion. Elle m’expliqua encore que Volkswagen préparait la réalisation d’une arme similaire de la Luftwaffe, le V2, qui porterait, elle, une tonne d’explosif à plus de 1000 km/h en Grande Bretagne.
Pour en revenir aux plans de l’«Einmann-torpedo», l’amiral Canaris voulait absolument que ceux-ci quittent le circuit de fabrication. Il s’agissait de stopper l’effort d’armement et d’arrêter l’inflation incontrôlable de la guerre…. Le prototype explosa en 1944 au départ des Allemands. Ils le détruisirent avant d’avoir pu le lancer en mer. Cette détonation inquiéta la population et endommagea l’église, le château et ses annexes. Les gens de chez nous ont toujours cru qu’il s’agissait d’un V1. Ce mystère n’est pas totalement élucidé et je me suis bien gardé de faire des révélations après la guerre afin de ne point me « griller ».

Annexe 6.
Ouvrages divers.

1. Libération de Bordeaux. P. Bécamps. Hachette littérature.
P. 102. « Le 22 août, Au Haillan et à Eysines, la population est avisée qu’elle doit quitter les lieux quand le tocsin sonnera, ce qui est fait à 16 heures……… Au Haillan, des dépôts d’obus et de torpilles marines explosent en direction du château Bel Air »
2. Gazette des Armes, n° 127, p 39, photo « dépôt de bombes volantes allemandes abandonnées et découvert par les FFI »


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Les "bombes sous marines" sont des Henshel Hs 293 ! Engins filoguidés emportés par les bombardiers Heinkel 177A de Mérignac ... Le centre du Haillan aujourd'hui occupé par l'équipe de football des Girondins de Bordeaux était un centre d'assemblage et stockage de ces engins !


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Qu'en reste t il aujourd'hui, à l'exception du chateau ?


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Surement pas grand chose !!

>> En revanche, les archives de cette commune me sont inconnues ... à bon entendeur !! >> voir également les archives départementales !


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