BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944
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Les secrets enfouis du Bordeaux souterrain / Article RUE89 Bordeaux

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Erwan


Admin
Admin
Un article de Maylis Détrie sur Rue 89 / Bordeaux   Very Happy

http://rue89bordeaux.com/2016/05/les-secrets-enfouis-du-bordeaux-souterrain/


[size=44]Les secrets enfouis du Bordeaux souterrain[/size]




Dans la cave d’un particulier, un égout datant du XIXe siècle (MD/Rue89 Bordeaux)

Lorsqu’on s’aventure sous les pavés bordelais, on entend rapidement murmurer l’histoire de la ville, de l’Antiquité gallo-romaine à l’occupation allemande, du Moyen-Âge à la civilisation automobile. Alors qu’un « festival de caves » démarre ce vendredi, Rue89 Bordeaux a fait la taupe, et déniché quelques secrets.


Sous terre, Bordeaux a de beaux restes de son passé. Certains vestiges ont rapidement été aménagés pour satisfaire la curiosité touristique. D’autres font l’objet de fantasmes grandissants, et posent la question de la mise en valeur d’un patrimoine historique, qui permettrait de dessiner les contours d’une mémoire collective lucide et consciente. Balades, réflexions et échos du Bordeaux souterrain en 6 étapes.

1 – Burdigala : cité d’eau

Pour mes premières explorations des dessous de Bordeaux, Yves Simone me donne rendez-vous rue Porte-Basse armée de bottes et d’une lampe frontale. Ce guide excentrique exerce depuis 37 ans et présente maintenant l’émission « Suivez le guide » sur TV7.
Pour mon baptême, nous allons visiter la cave d’un particulier, ou plutôt son égout. Comme beaucoup d’habitations proches des cours Victor-Hugo ou du cours Alsace-Lorraine, la maison est composée d’une double cave : un premier soubassement qui permettait le stockage des marchandises et un deuxième qui donne directement sur les profondeurs aquatiques de la cité.
Dans cet égout, ce n’est pas l’écoulement d’eau qui force l’admiration mais bien sa voûte en berceau qui témoigne de l’architecture du milieu du XIXe siècle. Cette maison, comme beaucoup d’autres, nous éclaire sur la vie quotidienne de l’époque :
« J’ai été demandé les plans aux archives et on se rend compte que l’égout faisait partie des anciens conduits de la ville qui allaient ensuite se jeter dans Le Peugue ou dans la Devèze (rivières affluents de la Garonne), m’explique Yves Simone. Les nouveaux conduits passent juste à côté. Ils ont été construits durant les travaux d’assainissement du Second Empire, lorsque la ville s’est mise à lutter contre les épidémies. »

Installations colossales

Descendre dans les entrailles de la ville amène à comprendre que Bordeaux, comme indiqué dans son nom, est une ville constamment liée à l’eau. En effet, les deux rivières évoquées par Yves Simone, qui arrivent pour la Devèze de Mérignac et pour Le Peugue de Pessac, passant respectivement sous le quartier Saint-Pierre et le long du cours Alsace-Lorraine avant d’aller se jeter dans le fleuve.

DU THÉÂTRE VRAIMENT UNDERGROUND


Du 20 au 29 mai le Festival de caves investit des lieux secrets de Bordeaux. Pour la 3e édition, qui a lieu dans une soixantaine de villes, l’objectif est d’inviter des compagnies de théâtre à jouer une représentation unique dans des lieux intimes et inédits. L’équipe du festival a prospecté auprès de particuliers et de commerçants, obtenant ainsi afin l’accès à des caves pépites. Elles pourront accueillir que 19 spectateurs par représentation, conditions de sécurité oblige. « La proximité avec les spectateurs, la singularité du décor, la petitesse de la scène, la limitation des éclairages et de la technique engendrent des formes artistiques particulières », promettent les organisateurs. L’adresse du lieu est tenue secrète jusqu’à la représentation. Un point de rendez-vous en surface est communiqué la veille aux spectateurs qui ont réservé.
Plein tarif : 12€. Tarif réduit : 7€. Renseignement sur le site du festival de caves.

Selon Philippe Prévot, chargé de la valorisation du patrimoine historique à l’office du tourisme de Bordeaux, certains habitants pourraient même les voir passer directement depuis leurs cave à double fond.
Emmanuel Mazet, chef de projet à Bordeaux Métropole qui a suivi les grands chantiers de reconduction d’eau de la ville, parle même d’une multitude de petits ruisseaux qui trouveraient leur chemin dans le dédale des conduits. Si la plupart de ces cours d’eau ont été recouvert au XIXe siècle, il a fallu ensuite créer des installations colossales pour améliorer leur écoulement et lutter contres les inondations en cas d’orage :
« Nous avons mis en place d’énormes tuyaux de 12 mètres de diamètre sous certaines rues pour canaliser l’eau des ruisseaux. Par mauvais temps, le conduit sous la rue David-Johnston peut faire passer jusqu’à 60 tonnes par seconde. »
Le chiffre permet de comprendre que la gestion de l’eau a toujours été un sujet essentiel pour le bien être collectif. Bordeaux, véritable cuvette accueillant en son sein plusieurs ports dédiés à des commerces spécifiques, a du trouver des solutions pour son assainissement.

La citerne de la Place du Parlement (DR)

Daurade masquée

Toute cette eau offre cependant à la ville de Bordeaux une abondance de fontaines en tout genres (une soixantaine environ), visibles pour la plupart. Mais il en est une aujourd’hui enfouie qui a longtemps attisé la curiosité : la fontaine de la Daurade. Située au croisement de la rue des Piliers-de-Tutelle et de la rue du Pont-de-la-Mousque, il n’est possible aujourd’hui d’en voir que la trappe d’une part, et l’ancienne niche extérieure d’autre part. Sur le site de la DRAC, les précisions permettent de mieux visualiser l’ensemble :
« Auparavant appelée fontaine Tropeyte, qui donna aussi son nom au château Trompette, elle était à l’époque médiévale située dans le fossé bordant l’enceinte du castrum bordelais. Soigneusement décorée et voûtée en 1614, elle fut reconstruite en 1807 et devint entièrement souterraine à cette date. Son accès par un souterrain fut condamné en 1874 et elle cessa totalement d’être utilisée après 1920. »
A l’heure actuelle, elle est encore ornée de monogrammes de l’empereur entourés de feuilles de laurier. En 2000, elle aurait été inscrite sur la liste des monuments historiques. Aujourd’hui, impossible d’y accéder en tant que visiteur malgré son intérêt historique.
D’autres réservoirs d’eau sont les restes d’époques successives. Sous la place du Parlement se trouve par exemple une citerne installée par les Allemands sous l’occupation. Aujourd’hui enfouie, il est encore possible de deviner le tracé de son réservoir lorsqu’on foule la place.
Il est en revanche possible de visiter la machinerie des fontaines du monument aux Girondins. Pour cela, il faut poursuivre la visite des sous-sols de Bordeaux avec Catherine Goniak qui ouvre la petite porte, antre dérobée du local technique des deux énormes bassins. On y retrouve aussi les moules de certaines parties des statues entreposés dans un coin. Enfin on devine la structure intérieure en pierre bordelaise de la colonne qui surplombe l’ensemble de l’édifice.
Enfin, au Grand Parc, le visiteur peut se promener dans le bassin de stockage et de dépollution des eaux pluviales appelée La Grenouillère. La visite se fait sur inscription lors des journées du Patrimoine. Installation moderne, le bassin a une capacité de stockage de 65 000 m3. Structure circulaire extrêmement imposante, les concepteurs de l’ouvrage l’ont pensé enterrée, pour qu’elle s’intègre au paysage plus naturellement.

La colonne des girondins vue de l’intérieur (MD/Rue89 Bordeaux)

2 – Ces restes enfouis de l’Antiquité

Par un vendredi après-midi ensoleillé, Catherine Goniak, guide à l’office du Tourisme de Bordeaux emmène un groupe pour la visite de plusieurs « sous-sols ». Parmi les lieux insolites, elle les mène à l’hôtel de la Tour d’Intendance situé rue de la Vieille-Tour. De l’extérieur, aucune trace visible. Et pour cause, il faut descendre dans la cave, normalement fermée au public, pour découvrir les restes de cette tour qui jalonnait l’ancien rempart gallo-romain. « Un des rares restes de cette époque » rappelle la guide. L’observation des matériaux employés donne de précieuses indications sur les manières de « faire » :
« Les pierres imposantes qui forment la tour sont des cailloux de grès, un type de pierre que nous n’avons pas à Bordeaux. Ces pierres servaient en fait à lester les bateaux. En arrivant au port, elles étaient réutilisée comme matériaux de construction. On sait donc que la ville était déjà ouverte et faisait de nombreux échanges avec les pays voisins. »
Les autres vestiges de l’époque gallo-romaine sont rares et surtout inaccessibles. « Dans certaines caves de particuliers on peut sûrement voir les restes des murs », suggère-t-elle.
Cette donnée est confirmée par Anne Ziegle, conservatrice au musée d’Aquitaine pour l’Antiquité et le Haut Moyen Âge :
« Dans certaines caves de particuliers de la rue Guillaume-Brochon, on voit les restes des remparts. On peut même observer le réemploi de matériaux funéraires comme des mausolées. Les remparts de 4 mètres d’épaisseur sont parsemés de scènes mythologiques placées de manière arbitraire selon leur dimension. »

Les mystérieux blocs extraits des remparts qui pourraient appartenir aux anciens Piliers de Tutelle (MD/Rue89 Bordeaux)

« Un des monuments les plus célèbres du monde romain »

Les derniers blocs de pierre datant de cette époque et sans doute les plus impressionnants, se trouvent au Musée d’Aquitaine et font l’objet de recherches poussées pour retracer leur parcours. Extraits des remparts au XIXe siècle , lors du démantèlement de la muraille, les recherches portent de façon presque certaine à croire qu’ils faisaient partie des anciens Piliers de Tutelle. Au vu de leur dimension, cela ne fait aucun doute pour Anne Zieglé :
« C’est un des monuments les plus gros et les plus célèbres du monde romain, les dimensions des blocs retrouvés nous laissent peu de chances de nous tromper. Quand vous regardez les cartes de l’époque, les piliers de Tutelle sont toujours plus gros que les autres bâtiments. »
Très vite détruits par les tirs croisés des canons, les Piliers de Tutelle laissent encore dubitatifs quant à leur exacte fonction de l’époque. Certains chercheurs parlent de forum, d’autres de temples ou d’un immense autel. Aujourd’hui, il n’en reste rien à part ces blocs, la base du bâtiment a été définitivement dynamitée à l’époque de Louis XIV pour construire les glacis du château Trompette et pour la construction les fondations du Grand Théâtre.
Grâce aux nouvelles technologies, les architectes travaillent à l’heure actuelle sur une restitution du bâtiment en trois dimensions.
Autre vestige souterrain de la fin de l’Antiquité et du début du Moyen-Âge, récemment ouvert au public : la crypte de l’église de Saint-Seurin, véritable lieu de dévotion depuis le IVe siècle. Elle est un des rares en France à avoir connu sans relâche la visite des paroissiens et des pèlerins, à être resté un cimetière majeur sur lequel se sont construits des lieux de culte successifs.

3 – Des beffrois au blockhaus


La porte du blockhaus situé sous la place des Quinconces (MD/Rue89 Bordeaux)
Le Moyen âge est dans doute la période qui a laissé le moins de traces sur le sol bordelais. Sa construction la plus emblématique reste la Grosse Cloche, édifice imposant qui fait la fierté des bordelais et qui offre toute sa splendeur du début de la rue du Mirail jusqu’à la place Fernand Lafargue. Ce beffroi comportait à l’époque six tours dont on peut voir quelques restes si l’on pousse les bonne portes :
« Dans le magasin Brico relais du cours Victor-Hugo, il y a une plaque en verre qui permet de voir le soubassement de l’une des anciennes tours, il y a un autre morceau dans l’agence du Crédit Lyonnais qui est en face », assure Catherine Goniak.
La Grosse Cloche servait aussi à l’époque de prison. La porte comme les geôles sont ouvertes à la visite.
Bordeaux garde par contre de multiples traces de la seconde guerre mondiale et de son occupation nazie. A commencer par ses blockhaus plus ou moins visibles. Beaucoup ont été détruits, d’autres gardés intacts mais dissimulés. Aujourd’hui celui qui fait le plus courir la rumeur est situé sous la place des Quinconces. La construction de l’esplanade, accélérée par l’arrivée de la foire annuelle, ajoutée à la difficulté de détruire de ce genre de bâtiment (pas de dynamite possible, juste du marteau piqueur !) a poussé la ville à choisir de recouvrir l’abri de guerre.

Plan d’occupation des blockhaus avant la construction de la Place des Quinconces (Erwan Langeo)

« Période sombre »

C’est Erwan Langeo qui me permet l’accès à cet endroit totalement hors de portée du visiteur. Pas d’électricité, aucune aération, pénétrer dans ce lieu fait froid dans le dos. Les salles successives laissées à l’abandon ont subi les épreuves du temps, la rouille et l’humidité ont pris le dessus.
En réalité, en pleine guerre mondiale, il n’y avait pas un blockhaus place des Quinconces mais bien quatre, dont celui de la capitainerie du port. Ce patrimoine difficile à mettre en valeur, est l’objet d’études favori d’Erwan Langeo, spécialiste de cette période historique, et le premier a avoir redécouvert le sous-sol des Quinconces, en décembre 1998 :
« Les Bordelais, pour beaucoup, ignorent totalement l’existence d'un autre ouvrage. Sur les quais en face du hangar 14, il y a un blockhaus caché dans les immeubles. Dissimulé par de fausses fenêtres, il passe pour une échoppe bordelaise. Longtemps Bordeaux a voulu oublier cette période sombre de son histoire. »

4 – Dans le cœur du pont de pierre

Certaines structures emblématiques de Bordeaux, moins confidentielle que le blockhaus des Quinconces, offrent des visites insolites. L’intérieur du pont de pierre nous projette à l’époque napoléonienne, au moment où l’empereur ordonna sa construction pour faire passer ses armées sur l’autre rive.
« Beaucoup de gens ne savent même pas que le pont est creux, explique Laurent Rascouailles, qui assure la visite. Pourtant cela a permis d’alléger la structure. Les briques et les pierres, c’est lourd pour un pont qui fait près de 500 mètres de long. Le fait qu’il soit creux permet aussi de surveiller régulièrement la solidité de chaque pile. »
D’abord imaginé par l’intendant Tourny au milieu du XVIIIe siècle, la construction du pont de pierre s’est d’abord heurtée à la grogne du commerce portuaire puis à la difficulté de faire un tel passage au dessus de la Garonne, dont on ne connaissait pas le fonds.
Le pont est finalement inauguré en 1822. Au départ, il faut payer un péage pour le traverser et en visitant son intérieur, on imagine résonner les bruits des sabots de chevaux, remplacés maintenant par le tramway au dessus de nos têtes.
En poursuivant la visite, j’évoque une légende qui fait sourire tous ceux à qui j’en parle : le carrosse de l’empereur qui aurait été stocké à l’intérieur du Pont. Mon guide me répond amusé :
« J’ai parcouru les dossiers de suivi du pont avec les photos, je suis désolé, il n’y a rien. Mais un visiteur m’a un jour raconté être rentré dans le pont quand il était tout petit, juste avant la deuxième guerre mondiale. Dans une des piles, il aurait vue un vieux carrosse en train de pourrir ou un chariot de mine. Cette dernière option est plausible car avant, on circulait dans les galeries par ce moyen ».
A noter que Bordeaux Métropole organise aussi des visites des locaux techniques du pont Chaban-Delmas pour en découvrir la minutieuse orchestration.

A l’intérieur du Pont de Pierre (MD/Rue89 Bordeaux)

5 – Comment mettre le sous-sol en lumière ?

Tous ces intérieurs et sous-sols bordelais posent la véritable question de la mise en valeur du patrimoine historique de la ville. Lors des divers travaux de réaménagement, les ouvriers découvrent encore et encore des restes du passé de la cité. Exemple frappant sur tout le secteur autour de la cathédrale Saint-André et de Mériadeck : en 2011, alors que ce quartier se prépare à accueillir la future Cité municipale, les fouilles archéologiques préventives mettent à jour un atelier de tannerie du Ier siècle de notre ère. Les archéologues de l’INRAP retrouvent des morceaux de peaux d’animaux tannées et des bacs de trempage.
Autour de la place Pey Berland, en 2003, les travaux d’aménagement du tramway permettent de découvrir un ancien porche roman qui prouve que la cathédrale était encore plus grande que celle qu’on connaît aujourd’hui. Il en était d’ailleurs l’entrée principale, celle qu’Aliénor d’Aquitaine et le futur roi Louis VII franchirent lors de leur mariage.
Du côté du fameux site de Saint-Seurin, les techniciens ne peuvent pas faire de nouvelles installations électriques ou de petits travaux sans découvrir de nouveaux sarcophages ou des vestiges des murs de la nécropole qui s’étendait donc bien au delà de l’église. Anne Michel parle d’ailleurs de fouilles prochaines sous l’ancien commissariat de la rue Castéja qui permettrait de dégager de nouveaux éléments.

Et pour les visiteurs ?

L’ouverture de sites pour l’instant fermés au public comme le blockhaus sous la place des Quinconces est parfois envisagée. Mais les conditions de mise en service rendent parfois le projet beaucoup plus long à aboutir :
« Pour que nous puissions faire visiter cet abri, dit Philippe Prévot, il va falloir percer une cheminée d’aération et faire venir l’électricité. Et puis ce ne sera possible qu’en groupes très restreint. »
Le projet reste donc pour l’instant dans les cartons. En attendant, Erwan Langeo rêve de mettre un peu plus en valeur ces édifices de la Seconde Guerre mondiale. L’année dernière, il a pu réaliser une partie de son rêve en ouvrant au public le blockhaus de l’hôpital Robert-Picqué, entièrement en l’état :
« Nous avons pu accueillir 1500 personnes sur les deux journées du Patrimoine. Nous en avons fait un endroit vivant avec des infirmières costumées qui rejouaient les scènes. L’avenir des musées, c’est de faire du vivant. On pourrait même reconstituer un sous-marin et l’installer à la base de Bacalan ! La visite pourrait être une activité rentable et raconter toute l’histoire. »
Bordeaux, ville inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco a encore beaucoup de ressources à exploiter. Le problème majeur reste le coût financier de ce genre d’opérations. L’intérêt de la part du public est en tout cas grandissant.
« Les gens sont plus éduqués sur le sujet et il y a un véritable attrait pour l’histoire bordelaise, estime Philippe Prévot, de l’Office de Tourisme. Nos vestiges n’ont pas toujours une grande valeur, ce ne sont pas des grands jalons de l’histoire de l’art mais nous avons des témoignages architecturaux de toutes les époques. »
Le système de fouilles archéologiques préventives n’existe il est vrai que depuis les années 70. Il concerne actuellement la place Gambetta, objet d’un diagnostic poussé en vue de son ré-aménagement. Sous la place, se trouvent d’anciens couloirs piétons, construits pour traverser le carrefour automobile, mais condamnés parce que l’insécurité y était jugée trop forte. Il a été à plusieurs reprises question d’ouvrir ces tunnels, sorte de témoignage d’une autre civilisation en cours d’effondrement, celle de l’automobile…


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