BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944
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BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944 » BORDEAUX, LA LIBERATION » Henri Salmide / Heinz Stahlschmidt / bunker Rue Raze Août 1944

Henri Salmide / Heinz Stahlschmidt / bunker Rue Raze Août 1944

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Erwan


Admin
Admin
Bonjour,
suite à de nombreuses sollicitations sur l'évènement de l'explosion du bunker de la rue Raze en août 1944, j'ouvre ici un sujet spécifique.
En guise de prolégomènes, je vous rappelle que le tome 7 de "Bordeaux 1940-44", disponible auprès de l'auteur sur ce forum, traite de cet évènement minute après minute !! Une véritable enquète de police qui a demandé 4 ans de recherches ! c'est donc un préliminaire essentiel d'avoir connaissance de cet article paru également dans 39/45 magazine mais en version courte. Une connaissance de ce qui a pu être écrit (bon ou mauvais) est également un requis nécéssaire ...
J'entend ici commencer une discussion sur le bunker lui même, le parcours de l'homme depuis son arrivée à Bordeaux et son cheminement intellectuel jusqu'à la décision de faire exploser le dispositif de destruction du port et au delà, sa vie à Bordeaux et ses relations avec les bordelais ...
Beaucoup , beaucoup de choses à dire !! cheers



Dernière édition par Erwann le Sam 28 Mai 2011 - 20:07, édité 1 fois

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Erwan


Admin
Admin
Voici pour commencer sur le sujet du parcours du soldat Stahlschmidt, son parcours d'affectations successives ...



Quand la guerre éclate, il est alors membre de la Kriegsmarine. Le 9 avril 1940, il sombre avec le cuirassé Blücher dans le fjord d’Oslo en Norvège (opération Weserübung). Il s’en sort de justesse et coulera encore, dans les six mois qui suivent, deux autres fois : le 21 juin 1940, sur un petit bateau de pêche reconverti dans la défense côtière et enfin, le 2 septembre 1940, entre le Danemark et la Norvège, une torpille frappe un transporteur de troupe dans lequel il se trouve. Il parvient à nager dans les eaux froides jusqu’à la côte. 560 de ses camarades périront autour de lui. A Kiel, il est déclaré inapte à la navigation. Ses différents naufrages lui ont laissé une santé fragile, Il demande une affectation à terre et est affecté à Bordeaux / Bassens en avril 1941 où on lui promet un climat propice au rétablissement. Il retourne en Allemagne pendant quatre mois pour suivre une formation d’artificier de laquelle il sortira second de promotion et aura donc l’occasion de choisir son affectation. Il choisira tout naturellement Bordeaux, ville qu’il affectionne tout particulièrement. Il travaille un temps à la Roque de Thau, où il met au point des mines marines d’un nouveau type, rendues imperméables par un mélange de bitume et de lignite. Ces schrapnellminen A ou Topfmine 4531A sont destinées à la défense des plages. En Avril 1943, il est muté au SperrwaffenKommando Marine Bordeaux, 3 rue du Couvent, et entame ses inspections des armes nouvelles sur les départements de Gironde, Dordogne et Landes. Sur les quais, il coordonne l'activité des hangars A, B, C et D.

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3 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Sam 28 Mai 2011 - 22:30

Dominique


C'est en lisant le livre de Erich Schaake, que j'ai découvert l'histoire de Heinz , puis je me suis mise à me poser un tas de questions,quand j'ai appris que le livre était très romancé, car cet Homme me fascine. Je veux comprendre, connaître qui il était.
Et cette sensation s'affine après l'avoir entendu dans le reportage de France 3 Limousin et avoir lu l'article de Christian séguin de 1993 (Sud Ouest Dimanche),je cite: "il est le protégé de Marceline Moga qui voit en lui un Homme droit entier, attentif aux autres profondément habité par une cause juste". J'ai eu cette même impression juste après avoir vu le reportage de France 3 Limousin, mais je n'avais pas encore lu l'article de Christian Séguin, dont j'ai seulement trouvé l'archive hier soir. Je pense que Heinz mérite un véritable hommage. En plus il a conservé toutes ses archives. Cela ne mérite pas de tomber dans l'oubli. J'ose à peine espérer qu'il ait rédigé ses mémoires. Puis-je espérer connaître ce que furent ses années à Dortmund, son enfance, les valeurs que lui ont transmis ses parents. Il avait 14 ans en 1933. Donc il a connu l'Allemagne avant Hitler. Que lisait-il en classe? Connaissait -il les auteurs allemands: Goethe, Schiller, Eichendorf, Heine, Rilke, Hölderlin.....? Son métier, comment l'a t-il appris? Il voulait être installateur sanitaires comme son père (qui essayait de fuir les cris, la politique). Cela semblait important pour lui. Il faisait partie d'une association: Eichenkorn (feille de Chêne) qu'il disait non politique? Qu'est ce que c'était comme association? qu'est-ce qu'il y faisait? Il y a des chansons populaires qui datent des années 1800, très connues en allemagne et très belles (j'ai un recueil de 1939, et elles y figurent, même si c'est un recueil alsacien, il contient des chansons allemandes,françaises, et alsaciennes), les connaissait-il? Exemple: Die Lorelei, Die Gedanken sind frei (les pensées sont libres) et bien d'autres…. Puis certains de ces auteurs et chansons ont été interdits, qu'est-ce qu'il a pensé de tout ça? Ce qu'il a pensé lors de l'arrivée de Hitler au pouvoir, de la nuit de cristal, tous ces événements. Son séjour à la Kriegsmarin avec plus de détails. Son arrivée à Bordeaux, sa vie à Bordeaux pendant la guerre, Concernant son action au bunker de la rue Raze. « Ce n'était plus ma guerre. C'est pour ça que j'ai travaillé pour la France avec mon coeur allemand". Voici une phrase que Heinz aurait cité à Schaake. S’il a vraiment dit cela, qu'est -ce qu'il entend par "mon coeur allemand", le fait d'appartenir à ce peuple, la notion de grandeur, ou l'humanisme (et là je pense à Schiller, Eichendorf, Heine, Rilke, Goethe……) . Je pencherais pour l'humanisme, et je sens que je suis dans le vrai. En plus dans le reportage il parle de cette haine par rapport à la guerre , qu'il la subissait et que tout cela le dérangeait.
Ailleurs j'ai lu qu'il aurait voulu se retirer avec l'armée allemande et retourner à Dortmund, or vu son acte cela est devenu impossible. il savait qu'ils allaient partir dans la nuit du 27 aout 44.
On l'appelait le petit français, donc il avait beaucoup de contacts avec des dockers français et discutait avec eux de l'actualité (Russie....)
Dans le livre de Schaake on voit une carte d'identité de 1945 , il est indiqué, né à Strasbourg, pourquoi? Alors que dans le reportage de France 3 Limousin, on voit une autre carte d'identité de 1949 et c'est indiqué, né à Dortmund.
Plus de détails sur ce qui s'est passé après le bunker de la rue Raze, après la guerre (la protection des Moga,y a-t-il vraiment eu des résistants qui voulaient le tuer). Comment a-t-il ressenti cela? Comment a-t-il réellement connu Henriette? Dans l'article de Christian séguin, il est relaté, qu'il vivait avec sa future épouse en septembre 44 (lorsque des américains sont venus le voir )et qu'il l'a connu à Roque de Thau en 1942. Il l'a retrouvée par hasard dans une rue de Bordeaux. Ce qui n'a rien à voir avec le livre de Erich Schaake.
Comment a-t-il vécu son voyage à Dortmund après tant d’années en 2001 ? Qu’est-ce que cela a-t-il représenté pour lui ?

Bref, si vous avez peut-être compris, ce qui m'intéresse, c'est l'Homme, son cheminement. Je me demande pourquoi plus tard il n'a pas pu reprendre son nom allemand, car si je ne me trompe pas cela lui tenait peut-être à coeur.

Voilà quelques questions que je me pose concernant Heinz. Aurais-je un jour les réponses?
La vie de Heinz a été une longue route et malgré les épines, je souhaite profondément qu’il ait tout de même cueilli quelques roses. (c’est une phrase de Jeanne, la mère de Elise Fischer)


Le reportage Concernant Heinz tourné en 2002 par France 3 Limousin est disponible sur le site de l’INA.

http://boutique.ina.fr/video/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/2007610001015/heinz-stahlschmidt-l-homme-qui-sauva-bordeaux.fr.html



J'ai trouvé un livre: Bordeaux brûle -t-il? Ou la libération de Bordeaux de Dominique Lormier.
Dans le chapitre 5 , page 129 à 137, il y a des éléments concernant Heinz. Certaines pages ne sont pas consultables en ligne.

http://books.google.fr/books?id=JKMnxIgdw5UC&pg=PA167&lpg=PA167&dq=christian+s%C3%A9guin+la+conscience+du+soldat+perdu&source=bl&ots=I8-CrSFi76&sig=KxQqbfm3f7CA2rcWGNw8GKVK2SM&hl=fr&ei=kx_gTZGZEouYhQfSoYnQCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&sqi=2&ved=0CBwQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false


L'enquête de Christian séguin du journal Sud Ouest Dimanche du 31 janvier 1993 concernant Heinz , grâce à qui il a été enfin rendu hommage à cet homme. Il faut lire les documents en PDF archives:

http://www.sudouest.fr/2011/05/19/archives-l-allemand-qui-sauva-le-port-de-bordeaux-402992-2780.php



Le mercredi 18 mai 2011, à la librairie Mollat à Bordeaux a eu lieu en partenariat avec le Goethe Institut, une rencontre avec Erik Schaake et Henriette Stahlschmidt-Salmide,la veuve de Henri Salmide, autour du livre "L'Allemand qui sauva Bordeaux par amour". Quelqu'un a-t-il été à cette rencontre?
Si oui, pouvez-vous donnez des précisions?

Dans le reportage de 2002 de france 3 Limousin on voit un extrait d'article d'un journal: il relate la remise de la médaille de la ville de Bordeaux à Henri.

Voici le titre: Hommage à Henri Salmide. "J'ai suivi ma conscience".
Sous titre: Jacques Chaban Delmas a rendu hier après-midi un hommage tardif et discret à Henri Salmide l'ancien soldat allemand qui le 24 août 44 sauva le port de Bordeaux.

Puis il y a un nom, je suppose qu'il s'agit de la journaliste qui a écrit l'article: Bernadette Dubourg.Mais on n'arrive pas à lire tout l'article sur le reportage, une partie n'est pas présente.
Y a-t-il quelqu'un qui a cet article, où qui sait dans quel journal il a été publié (c'était en mai 1995), pour que je puisse le lire en entier? J'ai déjà essayé dans sud ouest dimanche et je n'ai rien trouvé. S'il vous plait! Merci d'avance.

Merci Erwann d'avoir créé ce sujet.


Cordialement.


Dominique





4 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Sam 28 Mai 2011 - 22:43

Dominique


Question: Comment fait-on pour commander le tome 7 Bordeaux 40/44?

Merci!

Dominique

5 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Dim 29 Mai 2011 - 20:12

Dominique


Bonsoir,

En cherchant dans le journal Sud Ouest , j'ai trouvé deux articles écrits par Christian Séguin concernant Heinz.

Si cela vous intéresse, il est possible de se les procurer en format PDF. Il suffit de saisir dans la zone recherche: Christian Séguin. Mais ils ne sont pas consultables gratuitement.

Puis quand la page apparaît, tout en bas il y a il y a la phrase suivante: "Christian Séguin dans les archives de Sud Ouest"

Il faut cliquer à cet endroit.
Puis sur la page suivante:
taper d'abord les dates: 24 février 2010 au 24 février 2010. Il apparaît alors le titre de l'article: "Henri Salmide, l'homme sans patrie". C'est un jour après son décès. Il résume son histoire.


taper ensuite les dates 30 avril 2001 au 30 avril 2001. Il apparaît le titre de l'article: "Le retour du soldat perdu".
Il relate de son voyage à Dortmund en 2001



Cordialement

Dominique.

Erwan


Admin
Admin
Bonsoir,

Je sens chez vous un réel interêt pour cet épisode bordelais ...
Pour ma part, je n'ai pas lu le livre de Schaake... la préface de Dominique Lormier m'ayant tout de suite renseigné sur la qualité de l'ouvrage ! Ceci étant dit, voici une liste d'ouvrages dans lesquels apparait cet épisode de la libération de Bordeaux.

ADELINE, Henri général de brigade, La libération du Sud-Ouest, 1948
Archives départementales de la Gironde – Collectif, La seconde guerre mondiale par les textes, Le festin 2006
BECAMPS Pierre, La Libération de Bordeaux, 1974
BECAMPS Pierre, Bordeaux sous l'Occupation, 1983
BECAMPS, Pierre, La gironde en images 1940 1944 / Sodim 1977
CADARS Louis, Et le port de Bordeaux ne fût pas détruit, ed Raymond Picqot, 1960
COOKRIDGE E.H., Missions spéciales : la libération de Bordeaux, 1967
LORMIER Dominique, les dossiers d'Aquitaine, Bordeaux brûle t'il ? 1998


>> le dernier cité étant un "copié-collé" de "Bordeaux pendant l'occupation" du même auteur aux éditions Sud ouest, lui même copié-collé des ouvrages, que je considère comme LES références : Pierre Bécamps et René Terrisse, même si ces derniers ont fait des erreurs que je qualifie d'"historiques", au sens où à l'époque à laquelles leurs livres ont été écrits, tout les éléments n'étaient pas forcément connus pour diverses raisons ...Un grand bravo donc à Christian Séguin d'avoir détérré l'affaire en 1993. A ce sujet, un article du journal "Samedi Soir" d'août 1948 révèle à ses lecteurs que c'est un allemand qui a sauvé le port de Bordeaux !! Comme quoi, chaque époque a ses scoops !! Il a fallu que le rouleau compresseur de l'Histoire fasse que cet épisode de la Libération de Bordeaux ressurgisse 45 ans après !

>> Concernant le lieu de naissance de Heinz Stahlschmidt, il est bien né à Dortmund et non à Strasbourg, comme l'atteste sa FAUSSE carte d'identité délivrée en novembre 1945 par le biais du réseau de résistance qui l'a caché après l'explosion du bunker. Son accent allemand a permis de dissimuler sa véritable identité sous celle d'un paisible alsacien prénommé Henri Mulla, afin qu'il puisse se promener librement dans les rues de Bordeaux sans être inquiété... chose qui n'a pas été toujours le cas, à l'heure des réglements de compte après guerre !(Collection personnelle)



Je ne connais pas grand chose de ses goûts musicaux, l'ayant interviewé à plusieurs reprises sur des aspects plus techniques, étant davantage intéréssé par les bunkers et leur rôle dans la défense de la cité .... ceci étant dit, j'ai cotoyé le couple Salmide suffisamment longtemps pour affirmer que Henri a passé sa vie à faire valoir et reconnaitre son action durant cet été 1944 et que celà a été le combat de sa vie que d'être connu et reconnu ! Sa femme henriette, qui connait bien chaque aspect de l'affaire souhaite actuellement que l'on parle de son mari le plus possible, afin de perdurer son souvenir, mais avant tout avec honnéteté ! Ce qui malheureusement n'est pas toujours facile au regard du nombre de personnes qui s'approprient leur histoire et la réécrive à leur goût ...

Pour ma part, je me suis borné à écrire dans le tome 7 de "Bordeaux 1940-44" une chronologie des évènements afin de replacer dans le contexte chaque évènement.. Je pense être arrivé à un résultat probant, puisque henri salmide a approuvé mes écrits ... ce qui loin d'être le cas de nombreux auteurs au regard des courriers échangés avec ces derniers retrouvés dans les archives personnelles du couple !

L'excercice a été d'autant plus hardu que les principales erreurs que l'on rencontre dans les differents récits est une confusion entre la chronologie officielle militaire et la précipitation des évènements avec l'évacuation prochaine de la ville par l'occupant allemand.
La seconde erreur réccurente est la confusion d'identité entre les différents acteurs ... ce qui permet d'ailleurs de retrouver qui a copié sur qui ...



Tout ceci, non pas pour me jeter des fleurs, mais pour peindre une fresque de l'état des écrits sur le sujet, avant que je rédige ma propre version des faits, qui vaut vraisemblablement le débat ... c'est tout l'objet de ce forum !


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7 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Lun 30 Mai 2011 - 20:33

Dominique


Bonsoir Erwann,

Merci pour toutes ces précisions.
Je vais mettre mes propres réflexions entre crochets, ce seront mes intuitions, si vous voulez, d'après ce que j'ai lu. Libre à vous d'y apporter une critique puisque vous avez cette chance d'avoir connu personnellement Heinz et de pouvoir encore cotoyer Henriette. J'ai bien compris que votre passion c'est le mur de l'Atlantique. Mais moi ce qui m'intéresse surtout c'est cet "Homme".
]Je m'étais faite la même réflexion au sujet de la carte d'identité datée de mars 1945. Quand j'ai vu et que je savais qu'il était né à Dortmund , j'avais pensé à l'éventualité de se faire passer pour un alsacien, mais je n'en était pas certaine.]
Je suis contente que sa femme souhaite qu'on parle de lui, et surtout en préservant la vérité. Elle l'a cotoyé pendant 65 ans. ]Il lui a certainement raconté son enfance. Et je pense que cette partie était aussi importante pour lui, c'était ses racines après tout. Et je pense que l'Homme qu'il est devenu c'est un peu lié à son père et je suppose sa mère, c'est à dire les valeurs qu'ils lui ont transmit.] Enfin, je ne peux que émettre des hypothèses. je ne peux que parler par rapport aux articles de Christian Séguin et j'espère que ce même journaliste qui l'a accompagné à Dortmund n'a rien brodé par rapport à la vérité.

]Quand je parle de la musique, c'est surtout les textes et les racines allemandes, humanistes. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Je sais, il est issu d'une famille ouvrière, protestante mais rien n'empêche qu'il ait connu ces chansons populaires dont je parle et qui ont laissé des traces encore actuellement en Allemagne. Donc question, avaient-ils la radio dans leur famille entre 1929 et 1933? Même si ils étaient d'un milieu ouvrier. Si son père était son propre patron, c'est peut-être possible. Si en Alsace elles figuraient encore dans un recueil de chansons populaires en 1939 (dans un milieu agricole) alors que l'Alsace etait française depuis 1918, cela devait être plus populaire en Allemagne. Et la personne qui m'a donné ce recueil connaissait très bien toutes ces chansons. Aujourd'hui, bien sûr, très peu de jeunes alsaciens les connaissent (parceque après la guerre le dialecte alsacien a péréclité). Je le parle toujours. je suis dans un "village d'irréductibles alsaciens". D'ailleurs, si elle ne me l'avait pas donné,je resterais aussi ignorante. Je ne connaissais aucune des mélodies, même pas celle de la Lorelei (le texte bien sûr car c'est une poésie très connue, mais pas la mélodie).]
D'après l'article de Christian Séguin sur son voyage à Dortmund en 2001, il a parlé longuement devant des anciens résistants allemands (forgés dès leur plus jeune âge au combat politique contre les nazis). Il parle de la guerre de 1870, du diktat de Versailles, de l'inflation, des dettes et de l'occupation de la Ruhr. ]Donc tout cela fait partie aussi de lui et est enraciné en lui]. De son père, Albert,je cite " ce père précieux, mort accidentellement en 1937" , et dans l'article de 1993, christian Séguin parle de son père comme "un homme qui fuyait les cris la politique, les engagements". Il était installateur sanitaire, donc son propre patron je suppose, si j'ai bien compris. ]C'est de là que je cherche ses valeurs et ce qu'il est devenu plus tard]


Je vais arrêter là pour ce soir. De plus je n'ai pas d'autres informations pour mieux le comprendre. Quelle chance vous avez de pouvoir encore cotoyer Henriette. Ne laissez pas tomber dans l'oubli la vie de Heinz. En plus ils n'ont pas eu d'enfants.



Cordialement.

Dominique.

Erwan


Admin
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Je peux ajouter à votre réflexion celle de Henri " Ce sont les français qui ont déclaré la guerre à l'Allemagne et ils l'ont perdu !" Ce qui est symptomatique d'une génération toute entière d'allemands !

Ensuite, je sais que henriette vivait au chateau de Barbe à Gauriac, où une équipe de ce forum l'a accompagnée pas plus tard qu'il y a 10 jours ! C'est un policier auprès de qui Stahlschmidt avait trouvé un logement que Henriette salmide a eu des nouvelles "par hasard" de l'Allemand de Gauriac .. et qu'il se sont retrouvés durant les fêtes de fin d'années 1944 ... Leur histoire d'amour s'est concrétisée à cette époque !


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9 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Mar 31 Mai 2011 - 21:03

Dominique


Bonsoir,

J'ai bien pris note de votre remarque au sujet de Heinz: " Ce sont les français qui ont déclaré la guerre à l'Allemagne et ils l'ont perdu !Ce qui est symptomatique d'une génération toute entière d'allemands !"
C'est à dire ceux qui ont vécu la guerre? Pas la génération d'après?
Donc tout n'est pas noir ou blanc, mais plutôt gris concernant Heinz. Cela je peux le comprendre. Vous a-t-il parlé de ce qu'a représenté pour lui l'occupation de la Ruhr par les français, la crise de 1929, l'arrivée de Hitler au pouvoir en 1933? Etait-il ébloui par la propagande nazi? Et son père par rapport à ça? Etait-il au courant de la politique raciale de Hitler à l'époque, qu'est-ce que la nuit de cristal a représenté pour lui (il avait 19 ans à l'époque)? Qu'est-ce que ses naufrages, son arrivée à Bordeaux ont changé au niveau de ses idées? Il dit dans le reportage de 2002, qu'il se laissait aller à parler avec les dockers de ce qui se passait dans les autres pays. Ses discussions avec les dockers français ont-elles modifié quelquechose en lui, où pas? (je veux dire par rapport à la propagande nazie). Surtout pour prendre la décision de faire sauter lui même le bunker.

"Ensuite, je sais que Henriette vivait au chateau de Barbe à Gauriac, où une équipe de ce forum l'a accompagnée pas plus tard qu'il y a 10 jours ! C'est un policier auprès de qui Stahlschmidt avait trouvé un logement que Henriette salmide a eu des nouvelles "par hasard" de l'Allemand de Gauriac .. et qu'il se sont retrouvés durant les fêtes de fin d'années 1944 ... Leur histoire d'amour s'est concrétisée à cette époque !"
En 1941 il a été affecté à Roque de Thau. Et d'après vous, Henriette vivait au chateau de Barbe à Gauriac, c'est juste au nord de Roque de Thau (je ne connais pas la région, j'ai juste regardé sur google map, mais j'ai vu des photos du chateau, il est beau). Qu'est-ce qu'elle faisait au chateau? J'ai cru comprendre qu'il y a des vignes et du vin, des viticulteurs je suppose? Elle y travaillait? Donc il la connaissait peut être déjà à ce moment là? D'autant plus que vous mentionnez "l'allemand de Gauriac". Puis en 1943, il a été affecté à Bordeaux. Et il ne l'a revu seulement que fin 1944 au moment des fêtes, ce qui représenterait une période de un an voir plus pendant laquelle il ne l'a peut-être pas vu.

Je me demande comment il a vécu ces moments entre l'explosion du bunker de la rue Raze et le moment où il a revu Henriette fin 44 lorsque leur histoire d'amour c'est concrétisée. Il était allemand, seul, dans une ville française libérée de l'occupant. Comment envisageait-il son avenir en France? Qu'a -t-il fait entre fin août 44 et les fêtes de fin d'année! Il était chez les Moga combien de temps? Quand a-t-il eu cet appartement?




Erwan


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Quelques éléments pour votre recherche sur "l'Homme" ...


A la libération, Heinz Stahlschmidt devient le prisonnier de guerre PG 551.252 parmi 14100 autres du dépôt 183 de Saint Médard en Jalles. Volontairement, il offre ses services aux démineurs de la XVIII région militaire et devient instructeur au centre de déminage de la Gironde. ( Henri Mulla !)
En octobre 1944, le capitaine Saldou promu entre temps Commandant lui affirme que sa mère Alma a été fusillée en représailles de son acte de sabotage et que son frère a été emprisonné en Allemagne.
En 1946, Heinz Stahlschmidt est libéré comme prisonnier de guerre officiellement avec des papiers en destination de Baden Baden.
Il revient à Bordeaux en 1947 où il se marie et obtient la nationalité française sous le nom d'Henri Salmide et intègre le 1er avril 1947 le corps des Sapeurs-Pompiers forestiers de la Gironde dirigé par un certain Lieutenant Colonel Saldou. Entendu le 5 août 1947 par la commission départementale d'homologation des titres FFI, il répond à une question précise et dit la vérité : "je n'ai pas connu le capitaine Saldou avant le 23 août 1944…" Convoqué le lendemain au PC des sapeurs pompiers, Heinz se voit signifier de modifier sa déclaration : "Mais le 22 août 1944, vers 17 heures j'ai reçu un ordre signé Ségur, qui me plaçait sous la protection des FFI de la région bordelaise". Reconvoqué par la commission d'homologation le 18 novembre 1947, il répondra que cet additif a été le souhait de son supérieur… A partir de ce moment, sa carrière chez les pompiers est bridée. il est muté chez les Pompiers du Port Autonome de Bordeaux sur un bateau pompe. Jusqu'au jour de sa retraite au 13 novembre 1969, il n'acquiert aucune promotion interne et en définitif s'en va avec une retraite réduite.
Le frère de Heinz n'a jamais été emprisonné, et sa mère n'a pas été fusillée comme le lui avait annoncé sans ménagement le capitaine Saldou en 1944. Alma Stahlschmidt est morte en 1972, il ne l'a jamais revue. Cette histoire apparaît à l'actif du groupe Ségur comme ayant engagé cinq hommes le 22 août ...
Henri Salmide a été oublié du grand public jusqu'aux années 90 jusqu'à ce que Christian Seguin, journaliste à Sud ouest, relate dans un dossier de plusieurs pages dans le "Sud Ouest Dimanche" du 31 janvier 1993 l'affaire de "L'Allemand qui sauva le Port de Bordeaux".
Enfin, le Maire Chaban Delmas, peu avant son départ définitif de la Mairie, lui décerne (sans aucune conviction)la "Médaille de la Ville de Bordeaux" au cours d'une réception dans les salons de l'Hôtel de Ville le 19 mai 1995.
Quelques semaines plus tard, M. Lemoine, directeur du quotidien "Sud Ouest", organise dans les salons du journal une grande réception en l'honneur de M. Salmide.
Henri salmide sera élevé, 56 ans après les faits, au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur le 19 avril 2000 sur recommandation d' Adrien Claude Tisné, président de l’Union française des associations des combattants et victimes de guerre de la Gironde. Le 6 décembre 2000, il déclara lors de la cérémonie de remise de la médaille dans les salons de la Résidence du Préfet d'Aquitaine "J’ai vu trop de gâchis dans ma vie. Avant d’avaler mon bulletin de naissance, je suis heureux que l’on admette qu’un Boche ait eu un jour un problème de conscience et se soit opposé seul à la bêtise."

Ci dessous, l'article dont vous m'avez fait part dans vos messages privés :


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11 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Mer 1 Juin 2011 - 21:36

Dominique


Merci Erwann d'avoir mis l'original.
Heureusement que vous êtes là!
J'avais cet article, mais sans la photo, car dans l'archive de Sud Ouest elle n'y figure pas, c'est juste le texte.
celui que je cherche date de la remise de la médaille de la ville par Chaban en 19 mai 1995.

Le journal est daté du 20 mai 1995(car il figure dans le texte: la mention " hier.....")

Voici le titre: Hommage à Henri Salmide. "J'ai suivi ma conscience".
Sous titre: Jacques Chaban Delmas a rendu hier après-midi un hommage tardif et discret à Henri Salmide l'ancien soldat allemand qui le 24 août 44 sauva le port de Bordeaux.

Puis il y a un nom, je suppose qu'il s'agit de la journaliste qui a écrit l'article: Bernadette Dubourg. Mais on n'arrive pas à lire tout l'article sur le reportage, une partie n'est pas présente.


Par contre, je ne savais pas qu'il devient prisonnier de guerre à la libération, c'est vous qui me l'apprenez!

Dominique.

12 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Jeu 2 Juin 2011 - 12:29

Dominique


Bonjour Erwann,



Après lecture des dernières informations que vous avez indiqué, je me permets de poser quelques questions.
-Donc il était prisonnier de guerre, mais alors il logeait avec les autres prisonniers de guerre ou il était déjà dans un appartement avec le policier dont vous parliez plus haut?
-Comment a t-il encaissé ce que Saldou lui a dit concernant sa mère et son frère? Qu'est-ce que cela a eu comme effet sur lui? Quand a-t-il appris que sa mère n'était pas morte en réalité en 44? A-t-il cherché plus tard à reprendre contact avec sa mère et son frère?
-Est-il parti à Baden Baden en 46 ou non? Vous dites qu'il est revenu à Bordeaux en 1947, de Saint Médart en Jalles ou de Baden Baden?
S'il était à baden Baden, qu'a-t-il fait pendant un an là bas? Qu'en était-il alors concernant sa relation avec Henriette? Est-elle restée à Bordeaux pendant ce temps?
Comment a-t-il vécu ses années travaillant sur le bateau pompe en n'ayant aucune possibilité de grimper les échellons? Pourquoi n'a-t-il pas envisagé de faire autre chose?

Pourquoi a-t-il attendu d'avoir la légion d'honneur pour retourner à Dortmund? Se considérait-il comme un traitre? Il pose la question à Chaban en 1995 : "M. le maire, est-ce que j'ai bien fait?" Et Chaban lui répond: "Vous pouvez marcher la tête haute". Doutait-il de lui à ce point? [Je pense qu'il avait besoin d'une vrai reconnaissance au moins d'un des deux pays, est-ce que je me trompe?].

"Le maire de Dortmund ne vient pas lui serrer la main lors de son voyage, les élus sont embarrassés". Voici la phrase de Christian Séguin.

]C'est dur, après 57 ans!] Mais entre temps j'ai trouvé un documentaire en DVD de France 3 Alsace: Les déserteurs de la Wehrmacht, un film de Guillaume Dreyfus. Voici le résumé. Je ne l'ai pas encore regardé, mais rien que le résumé pose des questions pertinentes.
"Sous le régime hitlérien, 30000 soldats de l'armée allemand, la Wehrmacht, furent condamnés à mort pour avoir été objecteurs, réfractaires ou déserteurs. 20000 furent executés, dont plus de 10000 déserteurs. Lorsque ces derniers étaient graciés, on les envoyait sur le front de l'Est dans des bataillons disciplinaires. Il raconte l'histoire de plusieurs déserteurs pendant et surtout après la guerre, où, dans la société ouest -allemande, ils étaient stigmlatisés par un casier judiciaire et considérés jusque dans les années 80 comme "traîtres" et des "lâches".
Pourquoi un tel climat d'opprobre a-t-il si longtemps persisté? Quelles difficultés ont rencontré les déserteurs, lorsque, à partir de 1990, ils 'sassocient pour tenter d'obtenir une réhabilitation générale? Qui sont leurs adversaires? Pourquoi les débats au Bundestag sur cette question sont-ils, en 2002 encore, aussi vifs? A travers l'histoire de ces déserteurs, c'est une certaine histoire de l'Allemagne d'après guerre et de sa confrotation au passée qui est racontée."


]Est-ce qu'on peut dire que d'une certaine manière il était objecteur, puisqu'il a refusé d'obéir à un acte qui allait à l'encontre de sa conscience?]

Erwan


Admin
Admin
Très intéressant tout ça !! Je n'ai pas toutes les réponses ... aussi il serait indéniablement formidable que vous livriez ici vos conclusions de votre enquète ... De mon côté, je vais tenter de vous aider dans vos recherches en fouillant mes archives afin de reconstituer son parcours .. je vous ai donné la marche à suivre en MP .... Bon courage et au plaisir de vous lire !

Erwann


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14 Heinz Stahlschmidt, l'Homme le Sam 18 Juin 2011 - 20:31

Dominique


Comme je suis plongée dans l'Allemagne de 33 à 45 (cela a un rapport avec les recherches que j'effectue concernant Heinz, surtout pour mieux comprendre l'opinion de l'ensemble de la population allemande à l'époque et pas seulement ce que les activistes du parti nazi et des autorités de l'Etat prétendaient dans les journaux ou dans leurs discours), j'ai aussi trouvé un site allemand avec des références d'ouvrages concernant la résistance ou le rejet par la population en Allemagne de la propagande nazie dans la vie de tous les jours.
Si éventuellement cela pouvait intéresser quelqu'un!?

http://www.bpb.de/themen/NYFWWU,0,0,Verweigerung_im_Alltag_und_Widerstand_im_Krieg.html#art0

Erwan


Admin
Admin
Petite correction au sujet des évènements de l'été 1944 : la première fois que Heinz Stahlschmidt a pris contact avec Jean ducasse est le dimanche 13 août 1944 ! et non le 18 comme indiqué dans le tome 7 notamment ... Le 18, nous avons affaire avec une seconde entrevue où Stahlschmidt se fait plus pressant ! La rencontre avec William Dupuy se fait le lundi 14, après le service.


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Dominique


D'après le reportage de France 3 Limousin et les propres paroles de Heinz ils se seraient parlé avant: "le 10 août j'ai eu une conversation avec le docker Ducasse, il m'a dit: "quand est-ce que vous partez?". Tout le monde savait qu'on devait partir la nuit du 27, la guerre était perdue...."

Qu'en est-il alors du 13 août? Quelle est la bonne date de la première entrevue concernant le bunker de la rue Raze?

Erwan


Admin
Admin
Henri Salmide avait pour habitude de découper les articles de presse et accumuler chaque passage de livre traitant de son aventure ... Je vous propose donc ci dessous des assemblages originaux d'articles annotés de sa main ... Il n'est généralement pas tendre et donne volontiers des notes de 0/20 ou encore quelques qualificatifs type "menteur ou affabulateur" ... j'en passe ! Chaque feuille est numéroté selon une logique qui m'échappe encore aujourd'hui, mais on peut retenir que les numéros apparaissant en tête de page représentent différentes relectures de ses propres annotations ... photocopiées à l'infini pour ceux qui venaient lui rendre visite ....Chacun repartait avec une ou plusieurs feuilles où au final, le visiteur devait se faire sa propre idée en tentant de relier les tenants et aboutissants de cette affaire ... Pas facile quand on sait que celà représente 60 années de controverse !

Bref tout ça pour dire que nous avons affaire ici avec un rapport officiel de la commission d'enquète d'attribution des titres de Resistance que Salmide a repris à son compte ... et nous apprenons qu'il a pris contact avec Ducasse le 13 août ! Il a surement tourné autour du pot qq jours auparavant mais toujours est il que c'est vraisemblablement le 13 que tout a commencé ! le 13 étant un dimanche ! Dupuy pretend qu'il a été approché au sujet de cette histoire le dimanche 13 après son jardinage et que Stahlschmidt a été reçu dès le lundi 14 !


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Dominique


Oui, mais le 13, c'est Dupuy qui va chez Ducasse (d'après le papier). Heinz n'y était pas me semble -t-il?! Il n'est pas indiqué que Heinz a vu Ducasse le 13. Où alors il faut le supposer!
Pourquoi alors Heinz dit-il dans le reportage que c'est le 10 août qu'il en a parlé à Ducasse? Est-ce qu'il s'est trompé de date dans le reportage (oubli, confusion)? Cela me parait bizarre.

Dominique


Oh zut, je viens de voir la croix pour le 13 août 44. Oui, mais il y a tellement de croix en fait! scratch

Dominique




Je recoupe deux informations:

D'après Félixlechat: "les troupes affectées au dépôt de munitions étaient logées au Chateau de Barbe" Qu'en est-il de Heinz?
D'après Erwann: "Henriette vivait au chateau de Barbe à Gauriac"

abigbagofpoo


Staff
Staff
Je tire mes informations des livrets d'Erwann. Inutile de les recouper.
Maintenant que nous évoquons ce sujet, je voudrais vous soumettre une question :

Le Chateau Barbe est réquisitionné et devient le logement des troupes affectées à la garde du dépôt de munitions.
Soit, mais qu'en est il du Chateau de Thau, situé juste derrière le dépôt et dont le sous sol est vraissemblablement truffé de galeries :
- une annexe du dépôt de munitions ?
- propriété réquisitionné, destinée au logement des troupes ?
- a votre connaissance, le réseau de galeries du dépôt et du chateau sont elles reliées ?
Merci


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Merci de votre attention. Vous pouvez reprendre une activité normale

Erwan


Admin
Admin
Non, pas de liaison .... à moins de découvrir une galerie effondrée suite au déminage ... mais j'en doute !


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Dominique


J’avais vu sur le reportage France 3 limousin l’armoirie de Heinz Stahlschmidt, qu’il montrait d’ailleurs tout en parlant de son père et du fait que celui-ci lui a conseillé ceci : « il vaut mieux être bon manuel qu’un mauvais intellectuel ». Je croyais d’abords qu’il s’agissait d’un diplôme, ne voyant pas l’ensemble. Erwann m’a envoyé l’ensemble et l’adresse qui figurait dessus. Il s’agit de Anne Schulte Lefèbvre, qui effectue des recherches généalogiques sur ses ançêtres Stahlschmidt. Après avoir contacté Mme Lefèbvre, elle m’a explicité certains points de cette armoirie.

Voici les explications de Anne Lefèbre, suite à mes questions.

Je suis à la recherche d’informations concernant les armoiries de la famille de Heinz Stahlschmidt.
L’armoirie, que vous avez envoyé, n’est pas obligatoirement celui de la famille de Heinz Stahlschmidt. Il existe en Westhphalie au moins 2 branches (clans) Stahlschmidt : une catholique de la région de Kur Cologne Sauerland et une évangélique du Siegerland.
Heinz est issu de la famille catholique Sauerland (donc catholique), l’armoirie appartient par contre à la famille Siegerland Stahlschmidt. Il y a environ 10 ans, j’ai écris à Heinz Stahlschmidt alias Salmide et fait part de mes recherches des ancêtres de la famille Siegerland Stahlschmidt, qui d’après la légende descendraient des « adeligen » Du Saint Roy, mais qui d’après mes recherches j’en doute. Heinz ne m’a jamais répondu, mais peut-être que mon courrier est la cause , que dans l’article qui suit, est mentionné sa descendance Huguenotte (protestante)
http://www.dailymail.co.uk/news/article-1253775/German-sailor-Heinz-Stahlschmidt-refused-Nazi-orders-blow-Bordeaux-dies-aged-91.html

Est-elle ancienne o u date-t-elle d’après la guerre 39 45 ?

Cette armoirie n’est pas ancienne, mais a été faite à partir de différents modèles de l’église réformée (protestante) des familles Stahlschmidt dans les années 60 par le peintre en armoirie Heinz Ritt pour le livre des lignées allemandes n 139. Si vous allez sur ma page d’accueil www.stahlschmidt.ch et que vous parcourez avec la souris l’armoirie, vous verrez ces explications.

Que représentent les symboles ?
La branche brésilienne descendante des Stahlschmidt de Siegerland l’ interprète comme ça : le lis représente la vertu et humilité, le lion pour la force et la capacité à résister, le bleu et l’argent pour la vigilance , le noir et l’or pour l’honneur et longue vie. SS : Stahlschmidt et HR : Heinz Ritt


A quel métier correspond cette armoirie ?
Les noms de famille proviennent dans la plupart des cas du lieu d’origine, caractéristiques (rouges…) et désignent des métiers. Les Sauerland et Siegerland Stahlschmidt ont anciennement forgé du fer.


En France, ce genre d’armories correspond aux mécaniciens actuels mais avant c’était pour les forgerons. D’où ma question. Et le nom de Heinz était Stahlschmidt, (cela provenait-il de Stahlschmied ?)
Oui, voir réponse au-dessus. les ancêtres de Heinz étaient des Stahlschmiede (forgeur d’acier)




C’est bizarre, Heinz ne lui a pas répondu il y a 10 ans, mais a gardé l’armoirie ! Qu’est ce que cela a représenté pour lui ? Pourquoi ?
Et en plus dans le reportage de F3 Limousin, quand il parle de son apprentissage, il le montre ce blason ! Comme si cela avait une importance pour lui !
Alors qu’il devait savoir que celui-ci venait de la branche huguenotte, or lui est d’origine catholique par son père ! Mais sa mère était protestante et on ne sait pas quelle religion il a vraiment suivi. De plus dans l’article anglais cité par Anne Lefèbvre d’après les paroles de Heinz : il disait qu’il était huguenot, mais étaient-ce vraiment ses paroles ? Il a bien été enterré dans le cimetière protestant à bordeaux.


Anne Lefèbvre indique sur son site que les Stahlschmidt représentaient en tant que forgerons depuis des temps immémoriaux un métier très important, très estimé, symbole de richesse dans un village (c'était le métier le plus riche au niveau des impôts). Le forgeron avait un statut à part dans un village de par la loi! Qui tuait un forgeron devait payer une amende, ou pour être libéré, beaucoup plus élevée que pour n'importe quel autre personne, de n'importe quel métier. Aucun autre métier n'était aussi spécialisé au moyen âge, et aucun autre métier manuel n'a entraîné cet enrichissement que le nom Stahlschmidt a connu.


les hommes de métier manuels tiennent à leur métier. Je ne sais pas ce qu'il en était de Heinz. En plus, son père lui a dit:" Il vaut mieux être un bon manuel, qu'un mauvais intellectuel". S’il a répété les paroles de son père c’est que cela a une valeur pour lui .(c’est juste mon intuition)

Schaake dit p 96"J'ai fait mon apprentissage chez un artisan. Ensuite j'ai eu mon brevet professionnel avec succès et travaillé 4 ans en tant que compagnon". Que Heinz ait tourné en tant que compagnon, j'en doute un peu, vu que Heinz avait des bulletins d'école qui vont jusqu'à 1937 à peu près (cela ferait 3 ans d'apprentissage?). Donc une école, et pas un patron. Cela reste à vérifier. Et je ne sais pas combien d'années durait l'apprentissage. Maintenant c'est deux ans, mais en 1934? A moins qu'il ait tourné deux ans en tant que compagnon tout de même( 1938 1939)? Mais les plombiers compagnons ça existe aussi. Pour les allemands beaucoup plus que les français, et cela c'est une certitude les métiers manuels sont très bien considérés! Alors qu'en France un homme qui fait un métier manuel c'est encore trop souvent mal considéré, et c'est encore une réalité, même si il y a une petite tendance inverse. Seuls les compagnons ont cette haute idée de leur métier. Leur métier c’est un devoir, il a de la valeur ! Qu’en était –il de Heinz ?




[Petite histoire des compagnons: des hommes de métier
Le compagnon voyage pour apprendre le métier de ville en ville, en Allemagne les compagnons tournent seuls, alors qu'en France,il y a plusieurs branches, les devoirants, les gavots...,leur origine est très ancienne, moyen âge voir pour certains plus anciens encore, seuls les devoirants sont regroupés en associations et ont des maisons dans chaque grande ville. si vous voyez un jour un homme avec un largeot, c'est un pantalon noir en velour avec une superbe coupe taillé et adapté pour les chantiers et deux joints ( une boucle en or à chaque oreille) c'est un compagnon fini (on va dire qu'il a atteint une certaine perfection au niveau de son métier....). Il y en a très peu actuellement qui portent les joints! Au passage, à Bordeaux il y a aussi une maison des compagnons.
Les compagnons allemands ont aussi des largeots, mais un peu différents. ]


Christian séguin dans l'article de 1993 dit: "il allait devenir maître de métiers et prendre la suite de son père installateur sanitaire" , mais ce métier n'exisait pas avant 39, c'était plombier ."il veut se perfectionner en mécanique générale, maitriser l'électricité, le voltage"
De toute façon, les plombiers utilisent aussi du métal , même si il y a d'autres matériaux. Si j'insiste sur son métier avant 39, c'est que cela devait avoir de la valeur pour lui à l'époque. Avant il devait avoir d'autres rêves ou aspirer à autre chose ???

Et ce blason, parcequ'il est lié à la famille (son nom Stahlschmidt) mais aussi au métier devait avoir de l’importance pour lui. Sachant l’importance que les métiers manuels ont encore aujourd’hui en Allemagne, sachant qu’il tenait à son nom de famille , je pense qu’ en tant qu’homme de métier il connaissait la signification des symboles et j’ai cette sensation, que ces significations correspondent vraiment à la personnalité de Heinz , personnalité que je commence tout doucement à cerner ( mais je n’ai pas encore assez d’éléments en main pour sa personnalité, il y a encore trop de zones d’ombre) : vertu et humilité , la force et la capacité à résister, la vigilance , l’honneur et longue vie.


J’ai demandé à Anne Lefèbvre ce qu’elle pensait de la signification du blason et de la personnalité de Heinz. Est- ce un pur hasard, une coincidence ? Elle m’a dit qu’elle ne croit pas au hasard, mais plutôt au destin.


J’ai mis des éléments qui me semblent « montrer » peut-être en quoi cette armoirie pouvait avoir de l’importance pour Heinz :
-l’importance qu’avait le métier de forgeron, de tous les autres métiers qui en sont dérivés par la suite (plombiers, zingueurs, mécaniciens….. cela c’est un chapitre sur l’évolution des métiers)
-la valeur économique du métal
-les ancêtres de Heinz étaient forgerons
-Les vertues de l’armoirie des Stahlschmidt : vertu et « humilité » , la force et la capacité à résister, la vigilance , l’honneur et longue vie.
-Sa propre personnalité :
Vertu et humilité:
Son acte concernant le blockaus pour éviter la destruction du port de Bordeaux et des morts.
D’après Christian séguin 1993 : « Marceline Moga voit en lui un homme droit, entier, attentif aux autres, profondément habité par une cause juste » ,« Il ne cherchait pas les titres ou l’argent ». , il doute aussi de lui-même (en 1993 lors de la remise de la médaille de Bordeaux par Chaban Delmas, il lui demande « est-ce que j’ai bien fait ? » ) voir reportage télé France 3 limousin 2002
force, la capacité à résister, la vigilance : sa force de caractère (je ne développerai rien à ce sujet pour l’instant, mais c’est certain il en avait !) , sa force physique , bon nageur.
Honneur :
1993, article de Christian séguin : Il a vu le Blücher son cuirassé rejoindre le fond, il a vu aussi les hommes s’enfuir. Heinz ne peut pas fuir. « Pas par patriotisme mais parcequ’il ne se sent pas devenir un traître »
Il ne voulait pas qu’on le considère comme un traitre en Allemagne son pays, « sans ma légion d’honneur je n’aurais pas pu venir parler » voir article de Christian Séguin 30 avril 2001

Longue vie : malgré la mort qui le poursuit avec les naufrages, ses blessures liées à ces mêmes naufrages (poumons fragiles) il a tout de même vécu jusqu’à 91 ans
Bon, cela ne veut peut-être rien dire et c’est peut-être juste une coincidence.



Anne Lefèbvre m’a également envoyé l’acte de naissance de Heinz. Elle me l’a transcrit aujourd’hui de l’ancienne écriture allemande. (le gothique tapé à la machine ça va encore, mais écrit en cursive, c’est une autre affaire !)


Voici les précisions concernant ses parents et lui-même, d’après son acte de naissance et les informations des archive des registres de Dortmund plus celles de Anne Lefèbvre.


Auguste Alma née Lüke le 04.04.1896 à Dortmund-Eving , sa religion est correspond à l’église évangélique réformée mais tout de même Luthérienne, au début des années 1900, l’église évangélique réformée qui était peu répandue en Allemagne c’est unie à l’église Luthérienne.

Son père :
Albert Reinhardt Franz Stahlschmidt, plombier (la dénomination installateur sanitaire, cela n’existait pas avant 39), religion catholique, né le 02.06.1888 à Dortmund
-Son acte de naissance est daté du 15 décembre.

Leurs fils :
-Albert stahlschmidt, né le 27.08.1915 à Dortmund Kirchderne
-Heinz Ludwig Stahlschmidt (Henri Louis) né le 13 décembre 1919 à Dortmund Wielandstraße 39 l’après midi, à 21h15

« La sage femme s’appelait Elisabeth Vering et habitait à Dortmund 45 Fliederstrasse. » C’est aussi noté sur l’acte de naissance.








Si cela vous intéresse aussi, voici un résumé du documentaire que j’ai regardé, « les déserteurs de la Wehrmacht », de Guillaume Dreyfus, (2003, Senseo film, saga film, Cités Télévision, France 3 Alsace).

Voici une phrase de « mein Kampf » citée dans le documentaire.
« Au front, on peut mourir, comme déserteur, on doit mourir. seule une menace draconnienne, visant rigouresement tout acte de désertion, peut permettre d’obtenir un effet de teneur à l’égard de l’individu comme de la collectivité ».

-la désertion est considérée comme le pire crime, après le meurtre !
-chaque soldat devait prêter serment au Führer, donc s’il désertait, il avait brisé son serment.


Tous les déserteurs capturés sont envoyés à Torgau puis , s’ils sont jugés aptes à se battre à nouveau comme soldats ils sont envoyés dans des bataillons disciplinaires sur le front de l’Est. Rares sont ceux qui ont survécu.

Saviez-vous qu' en 1950 Adenhauer chancelier allemand a obtenu le réarmement de l'Allemagne de l'Ouest en affirmant que la Wehrmacht était une armée "propre" et qu'elle n'a participé à aucun crime de guerre. Cette réhabilitation de la Wehrmacht serait liée à la guerre froide, car il y avait besoin des compétences des anciens officiers pro nazi pour former une armée en RFA.


Parmi les 30000 soldats de la wehrmacht condamnés, il y avait 10000 déserteurs. Des soldats allemands mais aussi des incorporés de forces Polonais, Luxembourgeois, français (je suppose qu'ils parlent des alsaciens et mosellans), Slovènes. En 1990 les 37 "déserteurs" ont fondé une association, ils voulaient une réhabiliation totale avec annulation de leur casier judiciaire. Le Bundestag a toujours refusé.

Par contre, des personnages politiques comme Kiesinger, et Filbinger (années 80) avaient droit à être élus!. Filbinger était encore en 2002 président d'honneur de la CDU.
[Ce que je trouve étonnant, c'est que les mêmes hommes politiques ou organisations d'anciens combattants qui refusaient la réhabilitation des déserteurs dans le cas de l'Allemagne nazie, fêtaient comme des héros les gens qui ont fuit l'armée populaire EST allemande. C'étaient des héros car ils refusaient un régime communiste!]


En Allemagne vers 1995, il y a eu une exposition concernant les crimes de guerre de la Wehrmacht. Avec plus de 1 millions de visiteurs. C'est le succès de cette exposition qui a fait avancer la réhabilitation des déserteurs.
En 1990, une loi a été votée et les premières indemnisations ont été versées aux "déserteurs" de la Wehrmacht". Mais pas de réhabilitation (le casier judiciaire restait)
Voici l’argument de ceux qui étaient contre la réhabilitation des déserteurs de la deuxième guerre mondiale encore en 2002 :
-Il est important de faire face ensemble et de ne pas faire passer son intérêt personnel au premier plan. Les déserteurs demandent le réhabilitation certainement parcequ’ils ont mauvaise conscience, qu’ils veulent se défaire de cette tache.


2002: le Bundestag pour se distancer du régime nazi a voté la réhabilitation de l'ensemble des réfractaires sans étude au cas par cas.


Il y a un témoin dans ce documentaire qui raconte pourquoi il a déserté, c’est Heinz Shimke, dont le père a dit: "La guerre n'a pas de sens, la période nazie non plus. Si tu es incorporé fait en sorte de ne pas prolonger la guerre" . Il a déserté une 1ère fois, puis a été condamné à la prison de Torgau, ensuite il fut envoyé en bataillon disciplinaire sur le front de l'Est, blessé, de nouveau déserté et condamné à mort". Le fils de Heinz raconte qu’il a fait un voyage à Israël. Là un vieil homme avec un tatouage sur le bras lui dit: « Combien ton père a-t-il tué de juif ? » Il n'a pas répondu, à quoi bon, mais il explique que pour lui c'était important de pouvoir être fier de son père si à l'époque il a refusé cette guerre.

Ici, vous pouvez en voir le résumé qui est aussi indiqué sur la pochette du DVD.

http://www.film-documentaire.fr/film.php?id=13219


J'attend vos réactions.



Dominique


Heinz dessinait! J'ai pu voir quelque uns de ses dessins grâce à Erwann. Erwann, c'est un vrai magicien de la technologie!
Pourquoi dessinait-il? Pour le plaisir, ou pour autre chose (se libérer d'un fardeau......)? Peut-être les deux.
Ses dessins, quand je ferme les yeux j'en ai encore un peu des bribes, mais cela commence à s'estomper tout doucement.

Erwan


Admin
Admin
C'est un appel du pied où je ne m'y connais pas !

Voici pour Dominique, qui s'intéresse de très près à Salmide, en tant qu'homme ; Qui était il dans la vie privée et surtout en dehors de l'évènement du 22 août 1944 !; Il s'agit d'un portrait de sa femme et d'un dessin du temps où il était Démineur dans le secteur de Royan et Pointe de Grave ... A ce sujet, rapellons que d'après le 28. festungsPionnierStab 1 090 141 engins ont été posés dans le secteur de la 1ère armée allemande à la date du 30 juillet 1944 ! Le secteur s'étend de Pornic à la frontière espagnole soit 1.2 mine par mètre linéaire de côte ! Ce chiffre cache évidemment la réalité du terrain mais donne une bonne approche du problème en 1945 ! ( voir le tome 6 de "Bordeaux 1940-1944" avec des photos de Stahlschmidt en pleine action ... Il s'appelait alors Henri Mulla pour rester discret parmi des prisonniers allemands




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Dominique


Merci Erwann, c'est exactement ce que j'attendais!

Erwan


Admin
Admin
Faisons le point sur cet homme ... Pour ma part, je lai rencontré à deux reprises en 2003. Je n'ai céssé de vouloir comprendre les évènements de l'été 1944, aussi j'ai brassé toutes les sources d'informations qui passaient à ma portée pour retracer l'histoire de ce blockhaus dit "de la rue Raze", en fait "bunker A". Dominique, sur ce forum souhaite connaitre l'homme après avoir lu le dernier livre en date sur le sujet ... qui s'avère être quelque peu romancé ... Nous aurons tout loisir d'y revenir puisque ne l'ayant pas lu, je me réfère aux dires de la veuve salmide qui m' a déclaré ne pas se reconnaitre dans cet ouvrage ... Dominique nous en dira certainement plus !

Heinz Ludwig Stahlschmidt nait le 13 novembre 1919 au 39 de la WielandSrasse à Dortmund,

Son père se prénomme Albert Reinhard Fritz Stahlschmidt et sa mère Augustine Alma Lucke

Il a également un frère dont le nom m'échappe ...





Son père qui travaille dans le secteur des installations sanitaires et plomberie meurt en 1937 dans un accident de voiture. Seul son frère ainé peut faire des études en raison du coût de ces dernières et des ressources du ménage. Devant bientôt effectuer son service militaire, il choisit de devancer l'appel pour avoir le choix de pouvoir intégrer la marine. Il adore l'élément marin et est un excellent nageur et obtient de nombreuses distinctions dans le milieu scolaire.

C'est également un brillant élève à l'école (Union Schule)de Dotmund ... voici par exemple un extrait de ses relevés de notes ...



Le 9 avril 1940, il est à bord du cuirassé Blücher qui participe à l'opération Weserübung dans le fjord d'oslo. Le 21 juin et le 2 septembre 1940, il sombre à nouveau deux autres fois avec son navire d'affectation. Ses capacités de natation lui permettent à chaque fois de s'en sortir mais les séjours prolongés dans les eaux glacées lui valent une santé fragile. Il demande donc à être affecté à terre .... Il arrive en avril 1941 à Bordeaux-Bassens en tant que sous officier mécanicien !
En novembre 1941, il repart en allemagne pour devenir Adjudant et est affecté en Hollande et Belgique ... avant de revenir à Bordeaux en février 1942, devenu alors artificier, spécialité qu'il a choisi et dont il est sorti major de promotion !Il est versé au Sperrwaffen Kommando de Bordeaux.
Il repart en février 1943 pour suivre les cours d'officier de reserve et revient le 30 avril 1943 pour ne plus repartir avant sa démobisation à Baden baden en mai 1946 ... Son adresse de chute à Dortmund est alors le 192 de la Sonnenstrasse ...


Il se marie le 28 juin 1949 à Bordeaux avec Henriette Paulette Buisson après avoir changé de nom en novembre 1948 ... Il s'appele dorénavant Henri salmide


Voilà pour aujourd'hui ... Il y a des points à compléter .. je laisse la main aux membres de ce forum ! la suite bientôt !! cheers


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Dominique


Petit rectificatif concernant les prénoms. C'est peut-être un détail, mais parfois les deuxièmes prénoms correspondent à ceux de grand-parents ou parents éloignés, et cela peut avoir une importance ( peut-être pas pour tout le monde, mais bon....). Hors le premier fils de Auguste et Albert portait le même prénom que son père. Je me demande pourquoi tout le monde parle de Alma alors que son premier prénom est Auguste.


Sa mère:
Auguste Alma née Lüke

Son père :
Albert Reinhardt Franz Stahlschmidt

Son frère:
-Albert stahlschmidt


Merci pour les détails concernant les dates et son certificat de fin d'études daté du 28 mars 1934. il a commencé l'école à 7ans en 1926 et est sorti en 1934. Il était bon dans certaines matières, mais dans d'autres un peu moins. Je regarderais en détail demain.
Il avait 14 ans à ce moment là. Reste à voir s'il a commencé son apprentissage après, combien de temps cela a duré, où, chez un patron ou à l'école (je suppose plus un patron, mais je ne suis pas sûr) et ce qu'il a fait après son apprentissage jusqu'en 1939.
Quand est - il arrivé dans la marine? D'après Christian Séguin "il a embarqué en octobre 1939 à Wichelnshaven". "Et il a devancé l'appel de 6 mois". Cette date de devancement correspond-elle à octobre 1939? Pouvait-on être appelé et embarquer tout de suite sur un navire ou fallait-il suivre une formation militaire avant, si oui combien de temps et quelle formation?


Donc "Baden Baden en mai 1946"...... "Son adresse de chute à Dortmund est alors le 192 de la Sonnenstrasse ..." scratch

Il avait une adresse de chute à Dortmund en 1946 alors qu'il était à Baden Baden? Je me demande à quoi correspondait cette adresse, qu'est-ce qu'il voulait en faire? A-t-il envisagé un moment de retourner à Dortmund? Si oui pourquoi? Et pourquoi a-t-il finalement choisi de retourner à Bordeaux alors? Pour Henriette? Parcequ'il risquait d'être assimilé comme traitre en Allemagne?

Autre question que je me pose, est-ce qu'il a revu sa mère entre le moment où il a appris qu'elle n'a pas été fusillée et 1972, date de sa mort. J'ai du mal à croire qu'il n'y ai eu aucun contact. Si contact, qu'est-ce qu'il y a eu? Dans l'article de Christian séguin du 30 avril 2001: "il prie sur la tombe de sa mère s'excuse de ne jamais avoir pu l'inviter à la maison". Ce n'est pas parcequ'il ne l'avait pas revu, qu'il n'y avait pas de contact, peut-être contact par lettres? et si lettres, quelles étaient leurs échanges? Le problème c'est que je ne sais pas quand il a appris qu'en fin de compte elle n'a pas été fusillée. Et tout cela ne sont que des pistes que je voudrais tester.

Dominique


Quand Erwann a mit la photo de la situation géographique de Dortmund et à force de me poser des questions sur son enfance, j'ai eu envie de voir de plus près l'immeuble de ses parents! Et puis on voyait un tout petit peu l'immeuble dans l'article de Christian Séguin, que Erwann a également mit sur le forum, mais on ne distinguait pas bien les détails. Pour ceux qui aiment les détails, voici un petit aperçu du 39 Wielandstraße à Dortmund. Maison où Heinz est né et dans laquelle il a grandit de 1919 jusqu'à 1939! Cela me donne envie d'y aller! Ce sera pour plus tard.


Vue aérienne générale de son quartier. Il y a beaucoup d'espaces verts dans la ville! Je ne sais pas ce qu'il en était pendant son enfance. Quelquechose qui m'a marqué en Allemagne,dans les banlieues c'est la place donnée aux espaces verts.

Son immeuble vue de dessus. Il y a des jardins à l'intérieur. A l'époque aussi?

Rez de chaussée

Les autres étages

Vue de côté au niveau de la rue


C'est bien le n°39:

Dominique


Je reviens sur le sujet armoiries des familles Stahlschmidt, car Anne Lefèbvre m’a apporté des précisions quant au courrier qu’elle a envoyé à Heinz voilà une dizaines d’années.

Elle souhaitait savoir quels sont ses ançêtres Stahlschmidt, elle lui a raconté l’histoire des « Du-St –Roy », qui date des recherches de Ottomar Stahlschmidt.
Ottomar Stahlschmidt de Unterperfuss à Insbrück a fait pendant 13 ans des recherches sur la généalogie de sa famille. D’après lui, les descendants de Johann Wilhelm Friedrich Viktor Stahlschmidt du danemark et du Brésil ont un rapport avec un français du nom Adeligen du Saint Roy. Du Saint Roy avec des ançêtres croisés (le nom rajouté Saint correspond au fait qu’il y avait des chevaliers croisés : saintes croisades) pour des raisons politiques et non religieuses a émigré en Allemagne. En Allemagne, le nom Du Roy devient : Von König. Deux frères d’une famille se battent pour un jeune fille, et un des frères meurt. Le frère survivant se marie dans une famille de forgerons et prends comme nom de famille celui du métier de forgeron (Stahlschmiede). Ce serait une légende. Ottomar s’occupe dans ses recherches intensivement de son armoirie, qui avec les autres modèles d’armoiries servira pour celle actuelle des Stahlschmidt (voir la page d’accueil de Anne Lefèbvre: http://www.stahlschmidt.ch/
Son armoirie montre un forgeron auprès d’une enclume qui tient un marteau et une croix dans la main représentant le métier et les croisés. De par la forme de l’armoirie il s’agit d’un blason de type renaissance qui était typique de la période entre 1420 et 1520. En 1964 Ottomar trouva dans le livre des armories de Rietstap (Pays Bas ?) environ 50 armoiries : Roy, Le Roy et De Roy, mais seul un Du Roy et c’était celui de la famille Du Roy de Blicky. Ottomar a écrit au baron Roland du Roy de Blicquy à Bruxelles. Le baron a répondu qu’il a établi la généalogie de sa famille jusque dans les années 1100, que ses ançêtres étaient des chevaliers croisés et que sa famille détient encore une armure de croisés. Mais Ottomar n’obtient pas plus d’information.
Anne pense que Heinz s’est approprié cette légende aussi comme histoire de sa famille, alors qu’à l’époque il ne savait pas et elle non plus, qu’il y avait deux branches des familles Stahlschmidt : une catholique de la région de Kur Cologne dans le Sauerland et une évangélique réformée du Siegerland. Heinz est issu de la famille catholique Sauerland (de par son père catholique), l’armoirie appartient par contre à la famille Siegerland Stahlschmidt (église réformée) .

Anne a effectué depuis des recherches qui jettent un doute quant à l’appartenance aux Adeligen Du Saint Roy.

Les questions restent cependant posées . Est-ce juste lié à son nom : Stahlschmidt? Au fait que ses ancêtres étaient des forgerons ? Au prestige de ce métier lié au moyen âge? A la fausse impression qu’il avait concernant des ancêtres croisés ?
Il parle d’ailleurs lui-même dans le reportage de : « mes propos simples et droits ». Dans l’article de Christian Séguin on retrouve cette notion : « Marceline Moga voit en lui un homme droit, entier profondément habité par une cause juste ». Je ne suis pas en train de l’idolâtrer mais je veux juste essayer de comprendre comment il concevait les choses.

-Autre question : a-t-il vraiment demandé à ce que figure sur sa pierre tombale son nom allemand ? Parcequ’en fait, il y figure seulement son prénom allemand ( voir la photo laissée par Istarnich sur atlantikwall : http://atlantikwall.superforum.fr/t7514-henri-salmide-nous-a-quitte ) mais le nom est français. Je me demande pourquoi, si son nom était important pour lui (il représentait aussi ses origines). Et on n’oublie pas si facilement ses origines.



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