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BORDEAUX-AQUITAINE 1940-1944 » BORDEAUX, LA LIBERATION » Henri Salmide / Heinz Stahlschmidt / bunker Rue Raze Août 1944

Henri Salmide / Heinz Stahlschmidt / bunker Rue Raze Août 1944

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Dominique


Je reviens sur le sujet armoiries des familles Stahlschmidt, car Anne Lefèbvre m’a apporté des précisions quant au courrier qu’elle a envoyé à Heinz voilà une dizaines d’années.

Elle souhaitait savoir quels sont ses ançêtres Stahlschmidt, elle lui a raconté l’histoire des « Du-St –Roy », qui date des recherches de Ottomar Stahlschmidt.
Ottomar Stahlschmidt de Unterperfuss à Insbrück a fait pendant 13 ans des recherches sur la généalogie de sa famille. D’après lui, les descendants de Johann Wilhelm Friedrich Viktor Stahlschmidt du danemark et du Brésil ont un rapport avec un français du nom Adeligen du Saint Roy. Du Saint Roy avec des ançêtres croisés (le nom rajouté Saint correspond au fait qu’il y avait des chevaliers croisés : saintes croisades) pour des raisons politiques et non religieuses a émigré en Allemagne. En Allemagne, le nom Du Roy devient : Von König. Deux frères d’une famille se battent pour un jeune fille, et un des frères meurt. Le frère survivant se marie dans une famille de forgerons et prends comme nom de famille celui du métier de forgeron (Stahlschmiede). Ce serait une légende. Ottomar s’occupe dans ses recherches intensivement de son armoirie, qui avec les autres modèles d’armoiries servira pour celle actuelle des Stahlschmidt (voir la page d’accueil de Anne Lefèbvre: http://www.stahlschmidt.ch/
Son armoirie montre un forgeron auprès d’une enclume qui tient un marteau et une croix dans la main représentant le métier et les croisés. De par la forme de l’armoirie il s’agit d’un blason de type renaissance qui était typique de la période entre 1420 et 1520. En 1964 Ottomar trouva dans le livre des armories de Rietstap (Pays Bas ?) environ 50 armoiries : Roy, Le Roy et De Roy, mais seul un Du Roy et c’était celui de la famille Du Roy de Blicky. Ottomar a écrit au baron Roland du Roy de Blicquy à Bruxelles. Le baron a répondu qu’il a établi la généalogie de sa famille jusque dans les années 1100, que ses ançêtres étaient des chevaliers croisés et que sa famille détient encore une armure de croisés. Mais Ottomar n’obtient pas plus d’information.
Anne pense que Heinz s’est approprié cette légende aussi comme histoire de sa famille, alors qu’à l’époque il ne savait pas et elle non plus, qu’il y avait deux branches des familles Stahlschmidt : une catholique de la région de Kur Cologne dans le Sauerland et une évangélique réformée du Siegerland. Heinz est issu de la famille catholique Sauerland (de par son père catholique), l’armoirie appartient par contre à la famille Siegerland Stahlschmidt (église réformée) .

Anne a effectué depuis des recherches qui jettent un doute quant à l’appartenance aux Adeligen Du Saint Roy.

Les questions restent cependant posées . Est-ce juste lié à son nom : Stahlschmidt? Au fait que ses ancêtres étaient des forgerons ? Au prestige de ce métier lié au moyen âge? A la fausse impression qu’il avait concernant des ancêtres croisés ?
Il parle d’ailleurs lui-même dans le reportage de : « mes propos simples et droits ». Dans l’article de Christian Séguin on retrouve cette notion : « Marceline Moga voit en lui un homme droit, entier profondément habité par une cause juste ». Je ne suis pas en train de l’idolâtrer mais je veux juste essayer de comprendre comment il concevait les choses.

-Autre question : a-t-il vraiment demandé à ce que figure sur sa pierre tombale son nom allemand ? Parcequ’en fait, il y figure seulement son prénom allemand ( voir la photo laissée par Istarnich sur atlantikwall : http://atlantikwall.superforum.fr/t7514-henri-salmide-nous-a-quitte ) mais le nom est français. Je me demande pourquoi, si son nom était important pour lui (il représentait aussi ses origines). Et on n’oublie pas si facilement ses origines.



Dominique


La réponse à la question à savoir s'il était protestant ou catholique,car sur son livret militaire il est juste noté: Gottglaubich (croyant en Dieu) est donnée dans le reportage de France 3 Limousin par Heinz lui même: il dit qu'il est protestant. Donc il a pris la religion de sa mère.


Autre question que je me pose, quelle est cette association "Eichenkorn" (cela veut dire "feuille de chêne", pourtant Korn cela veut dire "grain" )dont il parle et qui n'a aucune tendance politique (je pense qu'il voulait parler du parti nazi)dans le reportage? Est-ce qu'on pouvait refuser de s'inscrire au parti nazi? C'est peut-être une question bête! A ce sujet j'ai justement vu un documentaire dont l'auteur est Catherine Bernstein: Kassel, années 30 une trilogie allemande.
Résumé: La réalisatrice retrouve les camarades de classe de sa grand-mère à Kassel, qui ont passé le Baccalauréat dans les années 30. Elle les interroge sur le vécu de l'histoire: refus de s'inscrire au parti nazi, ou déni de l'histoire, toutes les positions se rencontrent. C'est un état des lieux rigoureux et parfois terrible de la prise de conscience allemande.

Dans le documentaire, 3 femmes ont refusé de s'inscrire dans le parti nazi.

-L'une parcequ'elle considérait que les nazi ne respectaient pas sa religion (son mari était graphiste, donc son propre patron et ne voulait pas être militaire mais une fois enrôlé, il lui a dit "tu voudrais que j'ai de l'avancement?" Elle: "Pourquoi?" Lui:"Pour pouvoir retourner à la maison et travailler ici.")
-L'autre parcequ'elle n'adhérait pas aux idées du nazisme (son père était contre et ne comprenait pas pourquoi même des gens intelligents ont voté pour Hitler. Lorsque Hitler est devenu chancellier, son père a dit: "mon dieu, il va y avoir la guerre" et sa fille de lui répondre: "tu exagère! Ce sera comme avec les autres dans 6 mois on le mettra dehors...")
La troisième c'est la grand-mère de Catherine, qui elle, faisait partie de la croix rouge. Donc non politique.

Alors bien sur, il y a aussi des exemples de femmes qui ont cette expression: "nous ne savions pas" et d'autres choses encore qui me fait penser à la propagande de l'époque.



Les deux premières expliquent aussi, lorsqu'on leur a demandé de s'inscrire au parti et qu'elles ont refusé: "votre mari et votre père en subiront les conséquences".

Certaines disent concernant les massacre des juifs ou d'autres personnes, qu'elles ne savaient pas et que tant qu'elles n'ont pas vu elles n'y croient pas. D'ailleurs elles ne veulent même pas aller voir. Et les photos cela peut-être truqué.
D'autres disent: on savait, par le bouche à oreille les rumeurs circulaient, mais on ne savait jamais exactement quoi. A ce sujet je vous conseille le livre de Peter Longerich: nous ne savions pas, je viens de le terminer.

Donc, il est tout à fait possible que Heinz ne se soit pas inscrit au parti nazi. Son père était son propre patron. Par contre après, une fois qu'il est devenu soldat, les soldats étaient-ils obligés de s'inscrire au parti nazi?

Dominique


On m'a conseillé deux autres livres pour affiner mes impressions quant à l'opinion de la population allemande sous le III è Reich.

Götz Aly: Comment Hitler a acheté les Allemands - Le IIIe Reich, une dictature au service du peuple
Pierre Ayçoberry ( l'auteur a travaillé à l'université de Strasbourg) : La Société allemande sous le IIIe Reich, 1933-1945



Connaissez-vous ces titres?


Dominique


Je ne sais pas comment a été enseigné l'Histoire après 1918 en Allemagne dans les écoles élémentaires. Mais si Heinz a commencé l'école en 1926 et en est sorti en 1934, il a vécu l'enseignement sous les programmes de la République de Weimar. Je me demande aussi quels étaient les programmes de l'époque de Weimar. Sauf 1934. Et tout son apprentissage s'est déroulé dans la période de propagande nazie, mais je ne sais pas si son apprentissage avait lieu entièrement chez son patron ou en alternance (cela existait déjà ou pas?). Je me demande si on peut encore trouver les anciens programmes scolaires de la république de Weimar dans des archives. Et je ne sais pas si les programmes ont changé aussi vite entre 1933 (arrivée de Hitler au pouvoir) et 1934. Un professeur qui enseigne l'histoire en bilingue allemand m'a précisé qu'en Allemagne l'Histoire ne s'enseigne pas jusqu'à la date actuelle, alors qu'en France c'est le cas. Comment était-ce en 1926 en Allemagne?. .

Toujours est-il, je vous indique ici un fait relaté par Marie Joseph Bopp concernant un professeur allemand dans son journal : Ma ville à l'heure nazie. Marie Joseph Bopp était professeur en lycée. Alsacien. En 1940 quand l'Alsace a été annexé à l'Allemagne tous les instituteurs et professeurs alsaciens devaient être "réduqués", c'est à dire suivre une formation en Allemagne pour enseigner les programmes scolaires allemands en Alsace. ceux qui refusaient faisaient partie des expulsés (départ obligé en France avec presque rien ).
Lors d'un de ces stages, il raconte que la plupart des professeurs allemands récitaient leurs litanies issues de la propagande nazie. Mais un professeur d'histoire était différent et a enseigner l'Histoire de l'Allemagne de façon classique et intéressante d'après les dires de Marie Joseph. Par contre, il lui arrivait d'une minute à l'autre de passer de cet enseignement classique à un enseignement chargé de propagande, puis vice versa! Et de rajouter à la fin une phrase du genre: Les oreilles sont sorties, on peut reprendre le cours des choses où on les a laissé (je ne me souviens plus de la phrase exacte, car j'ai emprunté le livre à la médiathèque et je ne l'avais pas notée, mais cela m'a marqué!) . Je pense que vous avez compris qu'un mouchard se trouvait de temps en tant dans la salle et quand il sortait ce professeur allemand pouvait enseigner à nouveau librement.

Invité


Invité
C'est surement un jeu très dangeureux quand on connait les bavardages des enfants ...

Dominique


Qu'est-ce qui est un jeu dangereux , en rapport avec les enfants? Puisque là il s'agit de personnes adultes à une formation d'adultes. Enfin, cela était aussi dangereux pour des adultes s'ils faisaient cela! Vous pensez que marie Joseph Bopp raconte des histoires? C'est tout de même quelquechose qui le concerne directement et dont il a été l'acteur. Dans le livre il y a d'autres commentaires de sa part qui sont des "ouï dire". Là dessus je ne me prononcerais pas.
Le soldats alsaciens qui étaient incorporés de force dans l'armée allemande envoyaient des lettres dans lesquelles ils écrivaient leurs opinions sur la guerre, l'avancée des troupes alliées etc... et ils n'étaient pas tendres pour les allemands, pourtant ils devaient savoir que le courrier était vérifié. Enfin tout le courrier? Cela fait tout de même beaucoup de courrier à vérifier.


Un jeu dangereux que certains ont payé de leur vie. Un alsacien qui a dit juste après un des attentats contre Hitler, "si seulement il était mort", a été dénoncé par un autre alsacien sur le front. Il a été condamné à mort pour cela, avec un autre. J'ai lu la lettre (ses derniers mots) qu'il a adressé à ses parents. C'est dans un des ouvrages de Mengus.

Cela je l'ai lu dans le livre de JM Bopp mais aussi dans des témoignages de malgré nous.

Je vous ai envoyé un MP sur atlantikwall concernant l'ancienne boulangerie Ménard.


Cordialement.

Dominique.

37 Kreuzer Blücher le Mer 27 Juil 2011 - 20:01

Dominique


Voici un lien vers un site allemand qui décrit le Blücher.

http://www.lexikon-der-wehrmacht.de/Waffen/Blucher.htm

Page d'accueil du site. Il y explique également le fonctionnement des archives allemandes, si l'on désire faire des rechcherche concernant un soldat.

http://www.lexikon-der-wehrmacht.de/


Dominique


Bonjour,


J'ai lancé un sujet concernant Heinz Stahlschmidt dans le formum Lexikon Wehrmacht, puisque sur les conseils d'un membre du forum Atlantikwall je peux espérer obtenir de l'aide quant à mes recherches dans les archives militaires allemandes de Freiburg. Si quelqu'un en France a déjà été là bas, toute information ou aide concernant le fonctionnement de ces archives sera bénéfique.


Voici le lien vers le sujet créé sur le forum cité:


http://www.forum-der-wehrmacht.de/thread.php?threadid=25220



Dominique.

Invité


Invité
On vient de me faire savoir qu'un article est paru aujourd'hui sur Sud Ouest : la municipalité de Bordeaux a décidé de donner le nom d'Henri Salmide à une rue. Si quelqu'un peut poster le dit article, il aura droit à toute ma reconnaissance. Merci d'avance

Dominique


Article de Sud Ouest:

http://www.sudouest.fr/2012/02/16/heinz-revient-au-port-634974-2780.php

abigbagofpoo


Staff
Staff
le lien


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Merci de votre attention. Vous pouvez reprendre une activité normale

Erwan


Admin
Admin
Les nouvelles vont vite !!.... reçu ce matin dans ma boite mail perso ....

Sud-ouest de ce jeudi 16.2.2012 :

"Heinz revient au port"
"Le siège du port prend aujourd'hui le nom du soldat alllemand qui l'a sauvé le 22 Août 1944"
"... où une rue s'appellera un jour Henri Salmide"
Décision d'Hugues Martin adjoint au Maire de BX.
(Grande photo 17 x 15 en uniforme)

Jeudi 16 février 2012 à 06h00
Par Christian Seguin

Le port de Bordeaux rend hommage au soldat allemand qu'il l'a sauvé


Le siège du port prend aujourd'hui le nom du soldat allemand qui l'a sauvé le 22 août 1944



Heinz Stahlschmidt, devenu Henri Salmide. Sur le port on l'appelait « le petit Français ». (Archives dr)


Il s'appelait Heinz Stahlschmidt et Bordeaux n'aurait dû jamais entendre parler de lui. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé pendant cinquante ans. C'était le jeune soldat allemand missionné par la Kriegsmarine en déroute pour mettre en place le plan de destruction du port de la Lune, un minage tous les 50 mètres, des deux côtés, entre le cours du Médoc et les abattoirs.

Il a donc refusé cet acte d'une violence inouïe dans une guerre perdue, qui ne le concernait pas. Il voulait rentrer chez lui, mais le 22 août 1944, il a fait sauter seul le blockhaus de la rue Raze où étaient entreposés plus de 4 000 amorces préconçues, les munitions, les mèches et les détonateurs sans lesquels l'exécution du sabotage était impossible. Considéré comme un traître en Allemagne, il est resté à Bordeaux où personne n'a reconnu son fait d'armes.

Médaille d'argent
Avant de faire ses adieux en mai 1995, Chaban lui avait remis une bien modeste médaille d'argent dont on peinait à comprendre le sens cinquante-quatre ans après. Le maire, qui avait pris en mains les affaires bordelaises à la Libération, connaissait Heinz qu'il avait rencontré trois fois, notamment à l'automne 1944 à Paris. Il avait alors proposé au jeune soldat de s'engager avec les troupes françaises en Alsace.

Chaban, arguant du fait qu'il n'était pas présent à Bordeaux en 1944, ne souhaitait pas exhumer cette affaire, comme s'il refusait de rompre un pacte local. Sa seule concession, en 1992, explique tout : « Bordeaux était à l'époque un endroit désespérant, une place infernale où plus personne ne savait qui était qui et qui faisait quoi. » Comprenons que le général avait choisi de laisser la cendre recouvrir les plaies d'une ville qui n'était pas dans l'exemplarité collective de la résistance. Aux sources du chabanisme il y avait d'abord la paix et l'honneur retrouvés, dont il était le garant, au prix du silence. Heinz Stahlschmidt en a été la victime toute sa vie.

André Moga , adjoint de Chaban, dont la mère Marceline avait caché Heinz en 1944, n'était pas parvenu à rétablir la vérité.

Aujourd'hui, deux ans après sa disparition, celui qui avait été naturalisé sous le nom d'Henri Salmide va donner son nom au siège du nouveau port de Bordeaux. Telle a été la volonté appuyée d'Hugues Martin et de la direction portuaire. L'événement apparaîtra fatalement trop décalé, mais il est d'une grande puissance symbolique dans un quartier en mutation, où une rue s'appellera un jour Henri Salmide. C'est à cet endroit chargé de mémoire que l'homme sans patrie a désormais la place qui lui revient. « Nous lui devons », avait concédé Chaban. D'avoir sauvé des vies, d'avoir préservé le patrimoine unique de Bordeaux et d'avoir hissé la conscience au-dessus des désastres de son époque.

Heinz Stahlschmidt avait survécu à la Gestapo, pas au sacrifice de son identité allemande et à l'oubli.


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Invité


Invité
Merci à tous les 3 pour cet article de Christian SEGUIN.
Au passage je rappelle que c'est ce journaliste -Christian Seguin- qui exhuma le dossier "Salmide" et ainsi contraignit la municipalité de Bordeaux (Chaban Delmas) a reconnaitre le mérite de cet officier marinier.

Erwan


Admin
Admin
Intérrogé recemment sur le moment où la vie de Heinz SDtahlschmidt a basculé, voici des éléments de réponse :
Lors de l'entrevue du mardi 22 août 1944 chez dupuy au Bouscat, on lui répond après multes péripéties que le Résistance n'a pas les moyens d'effectuer ce qu'il demande, à savoir détruire le dispositif de déstruction du port dont il a la charge !
A ce moment, il bascule vers l'idée de faire le travail lui même mais aucune date n'est encore arrêtée !
Le soir même; vers 17h00 ou 18h00 il se voit remettre la clef du bunker qu'il avait confiée à Dupuy avec son double qui ne fonctionnera pas dans la serrure du bunker !
A ce moment là, on lui annonce qu'une action doit se mettre en place pour le lendemain à 20h30 (élément invérifiable car pouvant avoir été inventé de toute pièce pour redorer le blason de la Résistance dans cette affaire après guerre ...)Devant cette alternative, il décide d'opérer tout seul le soir même !
Il s'agit donc là du second moment ou il bascule, cette fois il s'agit de la confirmation du premier basculement, le point de non retour !
Il a en poche un sauf conduit signé de la main de Segur le mettant sous la protection du groupe eponyme...


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Invité


Invité
Quelques copies de documents complémentaires. Elles proviennent des archives Salmide et m'ont été remises par Mme Salmide lors de mon passage à son domicile dimanche 20 mai 2012



En 1983, Heinz tape sur la table !!!!!:




Le document suivant, rédigé en allemand (merci d'avance pour la traduction) daté du 7 septembre 1944, semble être le compte rendu de l'opération fait par Heinz. Il est contresigné par le capitaine Dupuy et par Heinz





Dominique


Page 1 :



Bordeaux le 7 septembre 44



Réalisation et explication de l’empêchement de destruction du port (base militaire italienne jusqu'au pont de Pierre, Pont de Pierre jusqu’au port au sable, chambre frigorifique Bastide, cour du Médoc…….)

Comme je pensais que le port de Bordeaux n’était pas pour moi un port de guerre, et comme la pression des troupes américaines ne venait pas du sud, je trouve que c’est irresponsable de détruire les objectifs cités ci-dessus ainsi que le pont.

Après un long travail de préparation j’ai été le 14.08.1944 par M. Ducasse présenté à M . Dupuy et discutait de l’empêchement de la destruction des objectifs cités . Pendant la discussion je présentais les points suivants : destruction de toutes les amorces et de toutes les munitions – capture de tous les sous officiers et soldats du Sperrwaffenkommandos (3. rue du couvent) – Le Sperwaffenkommando a eu l’ordre de détruire les objectifs cités ci-dessus et a obtenu comme soutien 200 soldats non spécialistes- M. capitaine Dupuy trouva qu’il était impossible de trouver un homme qui détruirait le bunker de munition du hangar A.- Je pris congé de M. Dupuy avec l’assurance de faire tout ce qui était possible. La négociation était basée sur un ordre spécial, vu que les objectifs cités devaient être détruits entre la nuit du 25 au 26 août 44. Courant du 22 août la situation changea néanmoins

principalement et je ne vis alors qu’une seule possibilité, d’empêcher la destruction, rapide destruction des amorces d’autant que le 22.08.44 toutes les munitions à l’extérieur (Saint Médard , la Roque de Thau) devaient être détruites. Dans ces conditions je suis allé chercher M. Dupuy dans sa maison et présenta là bas les faits et l’urgence. M. capitaine expliqua qu’il n’a encore trouvé personne et me donna un papier du maire dans lequel figurait et était certifié que l’homme qui empêcherait la destruction des objectifs cités, serait couvert, à l’abris, aurait des papiers en règle, aurait des facilités de travail, 100000 francs.





page 2 :

Les résultats de cette entrevue ont été les suivants : (J’entreprendrais) la destruction du bunker au plus tard le 23.08.44 à 12h. Fabrication d’un double de clé spécial du bunker à munitions qui aurait du être en ma possession jusqu’à 17h.

La clé m’a été remise par M. Ducasse à 17h30. Le 22.08.44 j’ai eu comme ordre de préparer l’ensemble des mines pour le minage « contamination ? » de la Gironde et les mettre dans le hangar A. Comme le travail ne pouvait être fait en un seul jour, je donnais congé aux dockers et ordonna à mes sous officiers et soldats de préparer les mines, pour gagner du temps j’ai décidé de contrôler le double de clé. Comme je n’étais moi-même pas irrécusable, je pris la décision de détruire immédiatement le bunker ; car il fallait que je gagne absolument du temps, comme la confection du double a été fastidieuse, d’un autre côté la situation était favorable. Après avoir examiné la situation et m’être occupé des soldats, j’ai préparé 8 charges pour chacune 1 kg avec pour chacune un détonateur à retardement (de 10 à 9 min de délai). J’ai allumé les 8, fermé le bunker à clé. Pour effacer toute trace, j’ai remis la clé à l’endroit habituel au bureau du hangar A. Puis je roulais avec un vélo en direction du hangar 17 puis continua direction Bouscat. La détonation attendit que je sois au jardin public, qui alors survint à 20h05 … la deuxième à ………..

Comme mon vélo ne fonctionnait plus, je le laissais là, et chercha la maison de M. Dupuy (en courant) que j’ai atteint à 20h15.



Dans le bunker à munitions se trouvaient environ 3000 à 4000 amorces pour la destruction des objectifs cités - les munitions qui allaient avec – environ 100 kg de munition type explosifs- des armes et des détonateurs spéciaux.



Le 23.08.44 je m’entretenais avec M. Dupuy et M. Saldou concernant l’empêchement de la destruction des deux chambres frigorifiques et le minage de la Gironde.



Je « demande » que cette réalisation a été utile, que cela ne me soit pas un inconvénient, car j’espère avoir fait cela pour le bien de tous.





Page 3 :



Réalisation de la mise en sécurité de la non destruction du: port, pont de Pierre, chambre frigorifique Bastide, chambre frigorifique cour du Médoc



Pour certains Bordelais, le bunker de la rue Raze était un bunker de protection contre les bombardements. Mais pour le connaisseur, la vie de Bordeaux. Car Bordeaux est une des plus anciennes villes portuaire de France.

Dans le bunker à munitions se trouvaient diverses matériaux explosifs pour le port environ 3000 à 4000 amorces pour la destruction des objectifs cités - des mines spéciales qui devaient servir comme « mines acoustiques et magnétiques » pour le minage de la Gironde- mais encore munition type explosifs- des armes et des détonateurs spéciaux.



Le port de Bordeaux était depuis des mois miné par des bombes et c’était tous les 50 mètres 800 kg de munitions. Le pont de pierre avec environ 3000 kg, les chambres frigorifiques avec environ 1000 kg. Tous les hangars étaient minés par exemple des explosifs dans le hangar A et B avec le reste de mines, Hangar D avec environ 200 mines 4000 kg d’explosif.

Toutes les munition citées ci-dessus dépendaient des détonateurs qui se trouvaient rue Raze.



Le bunker a été détruit par un homme qui le 22.08.44 ne voulait pas voir que les objectifs cités ci-dessus soient détruits, et a ainsi préservé ces parties de la ville de Bordeaux.



Cette réalisation va avec celle que j’ai décrite le 7 septembre 44, dans laquelle tous les détails sont visibles car cet écrit n’apporte que quelques précisions.



9 décembre 44

Dominique


Quelqu'un sait ce qu'est devenu le 58 rue Calypso au Bouscat? Cette rue a changé de nom?

Merci d'avance.

Erwan


Admin
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C'est bien la rue Raymond Poincarré au Bouscat !


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Erwan


Admin
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Un document qui relance l'affaire !!

Jean Ducasse prétend avoir été bléssé lors de l'explosion du bunker !!!


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Erwan


Admin
Admin
Nouveau rebondissement !!

Renseignements pris,  Jean Ducasse a bien été hospitalisé en septembre 1944 suite à ce qui pourrait ressembler à une tentative de meurtre ??
En effet , il a reçu une balle de revolver en pleine poitrine ! Il aurait déclaré qu'un certain M. Dupuy, homonyme de l'instituteur aurait joué avec un revolver et le coup serait parti tout seul ... Explication confuse !

En tout cas, rien à voir avec l'explosion du bunker !! Puisque Ducasse n'était pas sur place !!! Very Happy


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Dominique


Avez-vous le document dans lequel il déclare ceci?

Erwan


Admin
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Non .... c'est un témoignage téléphonique de ce matin !!
 Very Happy


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Erwan


Admin
Admin
La suite ...

Qui reconnait on sur cette photo ... la légende dit au dos " en souvenir d'un repas en septembre 1944 avec Henri et jean"!

A cette époque, Henri peut être "Henri Mulla" mais pas encore "Henri Salmide" et Jean Ducasse vient de sortir de l'Hôpital après avoir reçu une balle dans le thorax !
Qui sont les autres ??
Qui est ce monsieur Liacoux ou Liadoux ou Hiacoux ?? dont le prénom semble être "André" ?? Ce n'est pas Saldoux ! Je ne vois pas sur cette photo William Dupuy !
Mon opinion penche vers les frères Moga ... mais n'ayant pas de photos d'époque !!... Le mieux serait de leur demander ! Qui sur ce forum les connait et peut répondre à la question ??

Question subsidiaire : Où cette photo a t'elle été prise ??


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Invité


Invité
Du nouveau ...

Erwan


Admin
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La façade des quais en 1947 ... les dégats occasionnés par l'explosion du bunker sont toujours bien visibles .... le bunker a quant à lui disparu !


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Invité


Invité
Super, on voit très bien les dégâts faits aux immeubles!

Invité


Invité
Peut être déjà publiée??

Erwan


Admin
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Cette photo est issue d'un reportage qui en compte une bonne dizaine ... et souvent attribuées à tort aux bombardements sur la ville !!! Laughing


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Invité


Invité
Photo scannée sur l'almanach 2003 de "La Mémoire de Bordeaux" et légendée "Voisin explosif - 1944"

invisiblebordeaux


Question : Henriette est-elle encore vivante ? Sur le tombeau d'Henri / Heinz il est marqué "Monsieur et Madame" mais il n'y a aucune indication de sa date de décès.

Erwan


Admin
Admin
Aux dernières nouvelles, Henriette Salmide est toujours de ce monde ....
Henri est décédé en 2007


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